Ḥannā Diyāb, Chypre ottomane : syro-maronites, grecs et catholiques… et les porcs, 1707, 1766 n-è

Ils répètent constamment : « Mieux vaut être Musulmān que Rūmān ». Il n’y a pas une seule famille qui ne compte un ou deux musulmans, parfois trois, car ils marient leurs filles à des janissaires afin de bénéficier de la protection des gouvernants et des puissants. Ils n’ont ni honneur ni religion ! » Continue reading

Ḥannā Diyāb, Le Jeûne du Carême chez les Maronites de Tripoli, 1707, 1766 n-è

Comme le repas n’arrivait pas et que nous étions affamés car nous avions voyagé toute la nuit, nous puisâmes dans nos provisions du poisson de mer frit, du pain et du vin, et nous nous assîmes pour déjeuner, ce qui ne tarda pas à provoquer autour de nous un attroupement, et on nous demanda :
« Êtes vous Naṣārā ?
-Oui
-Comment se fait-il que vous rompiez le jeûne avant l’heure ?
-Nous sommes des voyageurs ; nous avons cheminé toute la nuit et nous ne sommes donc pas soumis au jeûne. » Continue reading

Patrick Russel, Le café des conteurs d’Alep, 1794 n-è

Il récite en marchant de ci de là, au milieu de la salle du café, s’arrêtant seulement de temps en temps quand l’expression nécessite une certaine emphase dans l’attitude. On l’écoute généralement avec grande attention, et, assez fréquemment, au milieu d’une aventure intéressante, quand l’attente du public est montée au plus haut degré, il s’interrompt brusquement, et s’échappe de la pièce en laissant son héros et l’audience dans le plus grand embarras. Continue reading

Ulrich Seetzen, Journal d’Alep, La culture trans-classe des cafés à conteurs, 1804 n-è

Il est en fait frappant à quel point même la classe populaire la plus basse sait réciter par cœur des choses pleines d’esprit. Tous leurs chants respirent d’amour ardent ou de satire mordante, et ils savent présenter sur Harun al Raschid, sur Sleiman, Lockman le Sage, etc. de très belles choses de façon intéressante. [...] Dans ces cafés, on ne rencontre pas seulement la classe populaire moyenne, mais aussi la plus basse, qui, pour une tasse de café qui coûte un Para, passe un après-midi entier là, et peut écouter le conteur aussi bien que le plus riche. Continue reading

‘Alī b. Rabban al-Ṭabarī, De la Religion et des Empires (XXX), Le Jihâd selon les exemples de la Bible et les arguments du Christ, v. 850 n-è

Le Christ […] a interdit la guerre et avertit contre ses causes en disant : « Quiconque te forcera à marcher une Mille, va avec lui le double ; Quiconque t’enlève ton manteau, donne-lui ton manteau ; Si quelqu’un te frappe sur la joue, présente lui la seconde aussi. »
Par cet ordre le Christ laissa peu de pouvoir spirituel et temporel à ses disciples, et transféra leur héritage aux membres d’une autre nation qui menait la guerre en Orient et en Occident, l’alluma par lances et épées jusqu’aux pays des Romains, des Francs, des Touraniens qui vivent sous la tente, et des Arméniens. Hors de ces pays, quels sont les chrétiens qui se trouvent dans le pays des Turcs, à l’exception d’une petite et méprisable quantité de Nestoriens dispersés parmi les nations ? Ou qui trouve-t-on chez les Arabes, si ce n’est une poignée de Jacobites et de Melchites ?
Alors nous avons vu que le Christ […] a finalement donné la permission de prendre l’épées ; en abrogeant le premier ordre. Il dit en effet à ses disciples : « Que chacun de vous vende son vêtement et achète son épée pour lui-même ». Et il dit : « Ne pensez pas que je suis venu pour semer la paix sur la terre, mais la guerre ! » Celui qui insulte l’Islam dans ce qui a été considéré comme bon et mis en pratique par les prophètes que nous avons mentionnés, dévie du Chemin de la Justice. Continue reading

Réponse de Hayya Ga'ôn, président de l'Académie de Babylone, à propos de vin touché par des Musulmans, v. 1000 n-è

Premièrement, vous devez savoir que si ces Gentils dont vous vous préoccupez sont de la Religion des Išmā‘ēlites, le principe de leur religion est la prohibition du vin, il est détesté, et maudit pour quiconque en boit. Par conséquent, il … Continue reading

Ismayl Urbain, L’Algérie Française. Indigènes et Immigrants (I) 1862

? Il est évident que ne pouvant ou ne voulant pas accepter toutes les charges de notre état social, ils ne doivent pas en recueillir tous les avantages. Autant par une sage circonspection de notre part qu’à cause de leur répugnance particulière, ils ne peuvent participer à l’égalité civile et politique réglée par nos lois. Notre droit est absolu ; on ne saurait en réclamer le bénéfice si l’on veut se retrancher dans certaines exceptions privilégiées.
Tant que les indigènes n’auront pas opéré une séparation radicale entre le spirituel et le temporel, tant que leur culte et leurs dogmes religieux seront en contradiction avec nos Codes, ils ne pourront être investis du titre de citoyens français. Il faut que le Koran devienne pour eux un livre purement religieux, sans action sur la législation civile. Ce progrès n’est pas impossible, D’autres peuples sont sortis de l’organisation théocratique et se sont rangés sous un gouvernement séculier, sans abdiquer leurs croyances.
Sous la réserve de ces observations, essayons de préciser la situation des indigènes. Ils sont régnicoles, avons-nous dit. A ce titre, ils ont droit à notre protection diplomatique lorsqu’ils voyagent hors de nos frontières. Ils ne sont plus les sujets de la Porte ottomane ; ils n’ont pas devant le droit public européen une autonomie propre. Nul ne peut s’interposer entre la France et eux ; ils n’ont rien à attendre du dehors ; la vie politique, le développement et l’avenir social leur viendront de nous seuls. La scission est nette avec leur passé, elle est irrévocable.
Si nous interrogeons leur position vis-à-vis de notre droit intérieur, ils nous apparaissent comme des clients, comme des sujets politiques, et non des sujets civils (si une pareille distinction est possible), comme des affranchis de la nationalité étrangère, auxquels un stage est imposé avant de devenir participants à la souveraineté française. Ils ont leur domicile parmi nous, mais les délais ne sont pas expirés pour qu’ils reçoivent la grande naturalisation.
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Athanase de Balad, Patriarche jacobite, (titre de Jacques d’Edesse ?) Interdit de partager les viandes et de se marier avec les "Païens", v. 685 n-è

Des hommes avides, esclaves du ventre, prennent part avec les païens (ḥanpē) à leurs festins selon l’occasion, sans retenue, et de malheureuses femmes s’unissent au hasard avec des païens (mazdūgn l-ḥanpē), contre la loi et le droit, enfin tous mangent parfois sans distinction aucune des victimes (dabḥē) des païens Continue reading

Au nom du Shi’âr : Le Hisn idrisside de Tâmdalat (Zagora) et sa destruction en 2014

« Les bourgades connus [sous le nom de] Banī Dar‘a : On y trouve une cité qui n’est guère étendue, Tāmdalat, qui est à Yaḥyā b. Idrīs al-‘Alawī ; au-dessus d’elle se trouve une forteresse (Hiṣn), celui qui s’y trouvait était ‘Abd Allah b. … Continue reading

Al-Ghazālī, Réfutation de la divinité de Jésus par l’expression de l’Evangile, v. 1090 n-è

Les chrétiens en cela s’appuient aveuglément sur la seule tradition et retiennent, avec bec et ongles, le sens littéral adopté par les Anciens, sans que nul parmi ceux d’aujourd’hui, à cause de leur incapacité, n’entreprenne d’en expliquer les points difficiles. Ils s’imaginent que c’est cela même la Loi révélée établie pour eux par ‘Īsā. Ils justifient leur adhésion par l’autorité de textes considérés par eux comme contraignants pour l’esprit, comme se refusant à toute interprétation symbolique, et qu’il n’est pas aisé de détourner de leur sens littéral. [...] Tout au contraire, il s’est formé, dès l’enfance, dans l’esprit de ces personnes, certaines représentations qui ont fini par passer, l’ignorance se prolongeant, à l’état d’habitude acquise. Cette catégorie est difficile à guérir de son mal.
Si ces malheureux consultaient leur raison et cessaient d’être menés par la passion (al-Hawâ) et le fanatisme (at-Ta’çib), ils s’apercevraient qu’ils se sont écartés du droit chemin et qu’ils ont abandonné les voies de la Vérité, et ce, pour diverses raisons. Continue reading

L. Br. de Boisgelin, Caractère des Maltais, 1806 n-è

Les mantes, qui recouvrent les femmes de la tête aux pieds, et ne laissent à découvert que le front et les yeux, différaient dans la partie supérieure et distinguaient les filles, des femmes mariée s: pour les ainées elle était coupée en rond, pour les autres elle se terminait en pointe. Mais dans la suite, les femmes en acquérant, avec une honnête liberté, les grâces que le désir de plaire multiplie, lorsqu’il est soutenu par l’espoir de profiter de ses succès, se sont débarrassées du vêtement énorme qui les gênait en les cachant, et sans renoncer à la couleur noire, la seule que, par modestie, elles pussent porter hors de chez elles, ni proscrire l’usage d’un voile que la décence exigeait encore, elles se sont composé un habillement qui laisse admirer à la fois la délicatesse des traits du visage, des yeux vifs et superbes Continue reading

Pétition de “Certains Maures Libres”, sujets marocains, Caroline du Sud, 1790 n-è

-Que vos Requérants il y a de cela quelques années eurent l’infortune, tandis qu’ils combattaient pour la défense de leur pays, d’être capturés avec leurs femmes et faits prisonniers de guerre par l’un des rois de l’Afrique.
-Qu’un certain capitaine Clark les avait fait se livrer à lui sur la promesse qu’ils seraient rachetées par l’ambassadeur de l’Empereur de Maroc résidant alors en Angleterre, afin qu’ils soient rendus à leur propre pays.
-Au lieu de cela il les convoya en cet Etat, et les vendit comme esclaves.
-Depuis cette époque, ils ont par la plus grande des industries été en mesure de racheter leur liberté à leurs maîtres respectifs
-Et maintenant ils prient votre Honorable Chambre, qu’en tant que libres sujets d’un Prince à présent en Alliance avec ces États-Unis ; qu’ils ne soient point considérés comme soumis à une Loi de cet Etat (actuellement en vigueur) appelée la loi nègre. Continue reading

Maurice Delafosse, Haut-Sénégal-Niger, I, III, p. 211-212, Islamophobies et Islamophilies coloniales, 1912 n-è

Pris en bloc, l’état d’esprit des musulmans du Haut-Sénégal-Niger ne paraît pas opposé à notre civilisation si certains partis nous ont fait de l’opposition, ce n’est pas parce que nous sommes une nation chrétienne, mais simplement parce que notre action a menacé … Continue reading

A. QUELLIEN, La Politique Musulmane dans l’AOF, II-1, « Islamophobie », 1910 n-è

Ce qui fortifie singulièrement le sentiment d’hostilité et de prévention à l’égard de l’Islam, c’est que, dans ces dernières années, les Européens ont eu très souvent pour adversaires des peuples islamisés qui les ont obligés à des luttes longues, pénibles et coûteuses. L’erreur vient de ce que l’on reporte la cause de ces guerres uniquement à l’Islam. [...]
« Les États nègres organisés, qu’ils soient musulmans ou fétichistes, ont pour la plupart opposé une résistance plus ou moins longue à l’envahissement des peuples européens. Il serait absolument injuste de prêter aux uns plutôt qu’aux autres d’autres sentiments que ceux dont nous serions animés nous-mêmes, si notre existence politique était menacée (Binger). » [...]
La différence qu’il y a entre l’esclave et le maître, c’est que le premier travaille alors que le second ne fait rien. Mais il y a certainement moins d’écart et surtout moins d’antagonisme entre cet esclave et son maître qu’entre le pauvre et lé riche en Europe, qu’entre l’ouvrier d’usine et son patron. Il est probable que l’esclave noir préférerait sa condition et sa situation à celles qui sont réservées à ceux qu’on a appelés « les esclaves blancs ».
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Du Huan, Rapport de Voyage, v. 762, dans : Du Yu, Tongdian (Intelligence des Institutions), (IX-5 : De la Défense des frontières, r. 193), v. 801

“Les hommes et les femmes sont beaux et grands, leurs vêtements sont clairs et propres, et leurs manières sont élégantes. Quand une femme sort en public, elle doit se couvrir le visage, peu importe que sa position sociale élevée ou humble. Ils effectuent des prières rituelles 5 fois par jour. Ils mangent de la viande, jeûnent et considèrent l’abattage d’un animal comme méritoire. [...] Quand les gens se disputent entre eux, ils n’en viennent pas aux mains.” Continue reading

Ma Huan, Exploration Générale des Rives de l’Océan, (Expéditions de Zheng He), Java, 1433 n-è

Le pays comporte trois classes :
Une classe consiste dans les Gens Hui-Hui (musulmans du M-O) ; ils sont tous des gens des royaumes barbares de l’Occident qui ont immigré dans ce pays comme marchands ; pour toutes les questions vestienaires et alimentaires, ils sont tous très propres.
Une classe consiste dans les Gens de Tang (chinois) ; ils sont tous du Guang-Dong, de Chang [-Zhou] et de Chuan [-Zhou] et d’autres endroits similaires, qui ont pris la mer et vivent maintenant en ce pays ; la nourriture de ces gens est tout aussi choisie et propre ; nombre d’entre eux suivent la religion Hui, faisant jeûne et pénitence. Continue reading

Ma Huan, Exploration Générale des Rives de l’Océan, (Expéditions de Zheng He), La Mekke et le Hijaz, 1433 n-è

La loi du pays interdit de boire du vin. Les coutumes du peuple sont pacifiques et admirables. Aucune famille n’y est frappée par la pauvreté. Ils observant tous les préceptes de leur religion, et les transgresseurs sont rares. C’est en vérité une bien heureuse contrée. Que ce soit pour le mariage ou pour les funérailles : ils se conduisent tous selon les règlements de leur religion. Continue reading

Jean Chardin, Le faux-monnayage des Français de Smyrne-Izmir en 1656-1669, 1686 n-è

La seconde remarque, c’est qu’il n’y a pas de gens au monde plus aisés à tromper, et qui aient été plus trompés que les Turcs. Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à qui on en fait aisément accroire. Aussi les chrétiens leur en font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants tours. On les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux, et alors ils frappent rudement, et se payent de tout en une seule fois. Continue reading

Jean Chardin, Corsaires chrétiens en Méditerranée, 1686 n-è

Il n’y a point de maux imaginables qu’ils ne fassent aux habitans des îles de cette mer, où ils peuvent aborder, quoique ces habitants soient tous chrétiens, et que plusieurs reconnaissent le pape. [...] La république[de Venise] s’étant engagée au grand-seigneur, dans le traité de Candie, de chasser de l’Archipel les corsaires chrétiens, et d’en prendre autant qu’il se pourrait ; mais qu’ayant, d’ailleurs reçu plusieurs services de ces corsaires, durant la dernière guerre qu’elle a eue contre le Turc, elle usait de [...] ménagement, afin de satisfaire la Porte, sans agir pourtant contre les corsaires. Que dans cette vue les bâtiments maritimes de la république avoient ordre de se faire toujours connaitre dans l’Archipel, afin que les corsaires chrétiens s’éloignassent d’eux, ou ne les approchassent pas de si près, qu’on ne put faire semblant de ne les pas voir. Continue reading

Petahiya de Ratisbonne, Baghdad, Babylone et Suse, v. 1180 n-è

Il observa qu’il n’avait pas pu voir une seule femme tandis qu’il vécut à Babel, car elles étaient toutes voilées (šamkūsōt) et modestes (ṣanū‘ōt). Tout le monde a un bain (Miqwe) dans sa cour et personne ne voue une prière avant de s’être lavé. [...]Babel est, en fait, un tout autre monde. Les Juifs y sont dévoués à l’étude de la Tōra et à la crainte du Nom. Les Yišma‘ēlītes aussi y sont dignes de confiance. Quant un marchand y arrive, il dépose ses biens dans une maison et s’en va. Les biens sont alors mis en vente dans les Šūq. Si on offre le prix demandé par le marchand, c’est bon. Sinon, les biens sont présentés à tous les courtiers. Même s’ils devaient être abîmés, ils sont vendus. Tout ceci se fait avec honnêteté. Continue reading

Faris Shidyaq, Tyrannie de la mode et répulsion des couleurs chez les européens, 1868 n-è

D’autre part, leur pratique de l’évolution des modes est rentable pour les commerçants, mais dangereux pour le public, car elle entraîne des frais récurrents inutiles. Ces changements commencent à Paris, puis des représentations sont imprimées sur des feuilles de papier et envoyées dans tous les pays. Telle est la voie de l’être humain : quand il répudie un vice, ce n’est que pour se tourner vers un autre. C’est ainsi que lorsque les Francs se sont détournés de vêtements brodés et de brocart, les jugeant l’apanage des jeunes garçons, ils ont acquis un penchant pour les changements de forme. Continue reading

Flavius Josephe, Guerre des Juifs, VII, 10, 1 : Les sicaires en Égypte, v. 80 n-è

Car ceux des sicaires qui purent échapper à la répression de la révolte et s’y réfugièrent, non contents de s’être sauvés, commencèrent de nouvelles menées révolutionnaires et persuadèrent à une grande partie des hôtes qui les avait accueillis de revendiquer leur indépendance, de nier que les Romains fussent supérieurs et de considérer Dieu comme leur seul maître. Quand ils virent quelques Juifs de condition élevée se dresser contre eux, ils les égorgèrent et s’attachèrent aux autres en les exhortant à se révolter. Continue reading

Petahiya de Ratisbonne, L’académie de Baghdad, v. 1180 n-è

Rabbī Šmū’ēl a un Livre de Généalogie remontant à Šmū’ēl Ha-Ramatī b. Elqana. Il n’a pas de fils, mais seulement une fille. Elle est experte en Récitation (Qarīya) et en Talmūd. Elle donne ainsi des instructions à de jeunes hommes en Récitation à travers sa fenêtre. Elle-même se tient dans l’immeuble tandis que les étudiants sont sous-elle à l’extérieur et ne la voient pas. Continue reading

Jamal addin al-Afghani, Réponse à Ernest Renan,1883 n-è

En songeant toutefois que la religion chrétienne a précédé de plusieurs siècles dans le monde la religion musulmane, je ne peux pas m’empêcher d’espérer que la société mahométane arrivera un jour à briser ses liens et à marcher résolument dans la voie de la civilisation à l’instar de la société occidentale pour laquelle la foi chrétienne, malgré ses rigueurs et son intolérance, n’a point été un obstacle invincible. Continue reading

Elisée Reclus, IV, 10, Expansion et reflux de l'Islam contemporain, 1905 n-è

Pourquoi des centaines de millions de mahométans qui sont eu contact avec la civilisation européenne lui restent ils refractaires, même hostiles ? [...] Les maîtres en civilisation se présentent réellement en supérieurs, se disant et se croyant tels : leur attitude est blessante, et par conséquent elle est repoussée avec une politesse apparente ou une indifférence feinte, mais avec une réelle indignation. Ce sont précisément ceux qui se proclament les instituteurs par excellence, c’est-à-dire les missionnaires, les religieux, les maîtres d’école, appartenant à telle ou telle confession chrétienne, ce sont ceux là que les musulmans voient venir tout d’abord au-devant d’eux ! Continue reading

Élisée Reclus, L’Homme et la Terre, III, 20, Le Maroc entre France, Espagne et Royaume-Uni, 1905 n-è

Pour excuser d’avance, soit l’annexion du Maroc par l’un des Etats européens, soit le partage de la contrée, on se plaît à comparer cet empire à la Turquie en le qualifiant aussi d’ « homme malade » ; mais cette plaisanterie n’est pas justifiée : aucune population opprimée n’y réclame l’intervention étrangère et, si l’on fait abstraction des commerçants juifs, il n’y a entre les tribus ni animosité de race, ni haine de religion ; le Maroc n’a que faire de tous ces médecins qui l’entourent, lui offrant à l’envi des remèdes et des préservatifs. Continue reading

De Ségonzac, ORGANISATION POLITIQUE du Bled Siba, 1905 n-è

Bientôt le Maroc ne sera plus qu’une mosaïque de groupements élémentaires, de qbila, ayant chacune leur autonomie politique et religieuse. Cette révolution, que des observateurs mal avertis appellent l’anarchie marocaine, n’est en somme que la tendance atavique de la race Berbère à revenir à son organisation ancestrale, au régime démocratique. Continue reading

Mas’ûdî, Un Qurayshite et l’empereur de Chine (v. 870-875 :Tang Yizong ou Xizong) Canton/Khânfû et Xi’An/Hamdân), v. 940 n-è

A propos de Noé [répondit l'empereur de Chine], tu répondu correctement ; mais sur l’inondation de la terre tout entière, nous ne la connaissons pas ; car le Déluge (Ṭawfān) [...] n’est pas arrivé jusqu’à notre terre. Si votre information était vraie à propos de cette partie [de la Terre], nous, cependant, habitants (ma‘āšir) de la Chine, de l’Inde, du Sind et de bien d’autres fractions de nations encore…, [...] nos ancêtres ne nous en ont rien légué de votre récit dans la tradition ; et cependant, un événement tel [...] est assez important pour frapper les esprits, se graver dans la mémoire, et pour que les peuples se le transmettent par tradition ! » Continue reading

Porphyre de Tyr (Maleḫ ha-ṣūrī), ‘De l’abstinence des viandes’, absence du porc au Moyen-Orient, v. 290 n-è

I, 14 Quoique le cochon ne soit bon qu’à manger, les Phéniciens et les Juifs s’en abstiennent, parce qu’il n’y en a point dans leurs pays. On assure qu’encore actuellement on ne voit point de ces animaux en Éthiopie. De … Continue reading

Ibn al-Qûtiya, Ardebast le Goth et ‘Abd ar-Rahmân l’Arabe (v. 770), v. 970 n-è

Après avoir ainsi parlé, Ardebast énuméra tous les actes de tyrannie qui [...] étaient reprochés [à 'Abd ar-Rahmân] par la population. Cette franchise plut au roi, qui s’en montra reconnaissant. Il octroya au prince Goth, outre le titre de « Qûmis » (comte) une pelisse d’honneur, 20 de ses fiefs, qui lui furent remis en toute propriété. Ardebast fut le premier comte de l’Espagne musulmane. Continue reading

Ibn Khaldun (fol. 16 v.) et Maqqarî (t , p. 248) fausse date (354 au lieu de 355), rais normand de 966, v. 1350 n-è

Dans cette année, les Majus se montrèrent dans l’Océan et pillèrent les plaines autour de Lisbonne ; mais après avoir livré un combat aux musulmans, ils retournèrent à leurs vaisseaux. Hacam chargea ses généraux de garder les côtes, et il … Continue reading

Ibn ‘Idhârî, II , p. 99, Invasion normande de 859, v. 1300 n-è

Dans l’année 245 (859-860), les Majus se montrèrent de nouveau, et cette fois dans 62 navires, sur les côtes de l’Ouest ; mais ils les trouvèrent bien gardées, car des vaisseaux musulmans étaient en croisière depuis les frontières du côté … Continue reading