Ḥannā Diyāb, Chypre ottomane : syro-maronites, grecs et catholiques… et les porcs, 1707, 1766 n-è

Ils répètent constamment : « Mieux vaut être Musulmān que Rūmān ». Il n’y a pas une seule famille qui ne compte un ou deux musulmans, parfois trois, car ils marient leurs filles à des janissaires afin de bénéficier de la protection des gouvernants et des puissants. Ils n’ont ni honneur ni religion ! » Continue reading

Ḥannā Diyāb, Le Jeûne du Carême chez les Maronites de Tripoli, 1707, 1766 n-è

Comme le repas n’arrivait pas et que nous étions affamés car nous avions voyagé toute la nuit, nous puisâmes dans nos provisions du poisson de mer frit, du pain et du vin, et nous nous assîmes pour déjeuner, ce qui ne tarda pas à provoquer autour de nous un attroupement, et on nous demanda :
« Êtes vous Naṣārā ?
-Oui
-Comment se fait-il que vous rompiez le jeûne avant l’heure ?
-Nous sommes des voyageurs ; nous avons cheminé toute la nuit et nous ne sommes donc pas soumis au jeûne. » Continue reading

Jean Chardin, Le faux-monnayage des Français de Smyrne-Izmir en 1656-1669, 1686 n-è

La seconde remarque, c’est qu’il n’y a pas de gens au monde plus aisés à tromper, et qui aient été plus trompés que les Turcs. Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à qui on en fait aisément accroire. Aussi les chrétiens leur en font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants tours. On les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux, et alors ils frappent rudement, et se payent de tout en une seule fois. Continue reading

Jean Chardin, Corsaires chrétiens en Méditerranée, 1686 n-è

Il n’y a point de maux imaginables qu’ils ne fassent aux habitans des îles de cette mer, où ils peuvent aborder, quoique ces habitants soient tous chrétiens, et que plusieurs reconnaissent le pape. [...] La république[de Venise] s’étant engagée au grand-seigneur, dans le traité de Candie, de chasser de l’Archipel les corsaires chrétiens, et d’en prendre autant qu’il se pourrait ; mais qu’ayant, d’ailleurs reçu plusieurs services de ces corsaires, durant la dernière guerre qu’elle a eue contre le Turc, elle usait de [...] ménagement, afin de satisfaire la Porte, sans agir pourtant contre les corsaires. Que dans cette vue les bâtiments maritimes de la république avoient ordre de se faire toujours connaitre dans l’Archipel, afin que les corsaires chrétiens s’éloignassent d’eux, ou ne les approchassent pas de si près, qu’on ne put faire semblant de ne les pas voir. Continue reading