Evagrius, Histoire et Sanctuaire de Siméon Stylite (Mar Sim’ân), v. 450

XIII 

En ces temps a prospéré et s’est illustré Siméon, de sainte et célèbre mémoire, dont l’article est de stationner du haut d’une colonne, occupant ainsi un réduit de 2 coudées de circonférence. Dominus était alors épiscope d’Antioche, et, après avoir visité Siméon, fut frappé par la singularité de sa position et de son mode de vie, et rechercha une relation plus mystique. Ils se sont rencontrés donc rencontrés, et après avoir consacré le corps immaculé, se donnaient l’un à l’autre la communion de vie. Cet homme, en s’efforçant de réaliser dans sa chair l’existence de la milice céleste, à la porte de la terre, et, dominant la tendance à la décrépitude de la nature humaine, accordait son intention aux choses du Dessus : ainsi placé entre ciel et terre, il détient la communion avec Dieu, et s’unit aux anges pour le louer, de la terre, offrant son intercession en faveur des hommes et du ciel, en tirant sur eux la faveur divine.

Un compte rendu de ses miracles a été écrit par un de ceux qui en ont été témoins oculaires, Théodoret, épiscope de Cyrus : mais il a omis une circonstance particulière, dont le souvenir m’a été rapporté par les habitants du saint désert :

Quand Siméon, cet ange sur la terre, que le citoyen dans la chair de la Jérusalem céleste, eut imaginé cette étrange promenade, inconnue jusqu’alors, les habitants du saint désert envoyèrent une personne à lui, chargé d’une injonction visant à donner une raison à ce singulier usage, à savoir, pourquoi, en abandonnant les sentiers battus que foulèrent les saints, il en poursuivait un autre tout à fait inconnu de l’humanité, et, en outre, qu’il devrait revenir sur le chemin du voyage des Pères Elus.

Ils donnèrent ainsi l’ordre que, s’il devait manifester la parfaite volonté de descendre, toute liberté devrait lui être accordée de suivre le parcours qu’il avait choisi, dans la mesure où son obéissance serait une preuve suffisante de sa divine guidance à persévérer dans cette endurance ; mais qu’on l’interrompe avec force, au cas où il répugnerait manifestement d’obéir, et se laisserait influencer par sa volonté propre[…].

Lorsque le député, arriva pour lui annoncer le commandement des pères, Siméon, en application de l’injonction, mit un pied dans le vide, puis l’émissaire le déclara libre de suivre sa propre voie, en disant : « Sois content : le poste que tu as choisie vient de Dieu ».

Le pouvoir de la grâce divine s’était tellement emparé de lui, que, lorsque Théodose émi un décret, pour que les synagogues dont ils avaient déjà été privés par les chrétiens, soient restituées aux Judéens d’Antioche, il écrivit à l’Auguste avec tant de liberté et de véhéments reproches, n’ayant nulle crainte, mais son propre souverain immédiat, que Théodose avait appelé récemment à ses ordres, favorisait les chrétiens à tous égards, remplaçant même le préfet qui avait suggéré cette mesure.

Il procéda en outre à une demande à cet effet, le saint et aérien martyr, qu’il pria pour que lui soit concédé une part de sa propre bénédiction. Siméon prolongea son endurance dans ce mode de vie 56 ans durant, dont 9, passées dans le premier monastère, où il fut empli de la Connaissance Divine, et 47 dans la Mandra, comme on dit, à savoir, 10 dans un recoin, sur de courtes colonnes, 37 sur une de 40 coudées.

Après son départ, son corps fut transporté à Saint-Antioche, sous l’épiscopat de Martyrius, et le règne de l’empereur, Léon quand Ardabyrius avait le commandement des forces de l’Orient, à laquelle l’occasion, les troupes, avec une foule de leurs partisans et d’autres, de rendirent à la Mandra, et escortèrent le vénérable corps de St-Siméon, de peur que les habitants des villes voisines ne se rassemblent et ne l’emportent. De cette manière, il fut transporté à Antioche, et on assista, au cours de sa procession, à d’extraordinaires prodiges. L’empereur exigea également que lui soit remis le corps, et le peuple d’Antioche lui adressa une pétition à l’encontre de cet ordre, en ces termes : «Parce que notre cité est sans murs, car leur chute nous a mis en colère, nous avons amené ici le corps sacré comme notre mur et pavois. Suite à ces considérations, l’Auguste agréa à leurs suppliques, et les laissa en possession de cette vénérable sépulture.

En compagnie de nombreux prêtres, j’ai pu contempler son crâne sacré, sous l’épiscopat du fameux Grégoire, alors que Philippicus avait demandé que des reliques de saints lui soient adressées, pour la protection des armées de l’Est. Et, chose étrange, les cheveux de sa tête n’avaient pas péri, mais étaient dans le même état de conservation que lorsque, vivant, il séjournait au sein de l’humanité. La peau de son front, elle aussi, était ridée et abîmée, mais subsistait, ainsi que la plupart de ses dents, sauf celles qui avaient été arrachées par la mains d’ hommes fidèles[…].

A côté du crâne se trouve un collier de fer,auquel, comme le compagnon de son endurance, le corps célèbre avait imprimé une part de ses propres honneurs divinement accordés, afin que, même dans la mort, cette ferraille aimante ne soit pas abandonnée de Siméon.

[…] Description de l’aspect d’une étoile près de la colonne de Siméon.

Permettez-moi, cependant, d’ajouter un rapport d’une autre circonstance dont j’ai été témoin. J’étais désireux de visiter la Cité du saint, distante de près de 30 stades de Theopolis, et situé près du sommet de la montagne. Les gens du pays lui donnent le titre de Mandra, ce qui a légué un nom à l’endroit, que je suppose, lié à Saint-Siméon, eut égard à la discipline qu’il y avait pratiquée.

L’ascension de la montagne dure 20 stades.

Le temple est bâti sous la forme d’une croix, ornée de colonnades sur les 4 côtés. Outre les colonnades sont disposés de belles colonnes de pierre polie, le maintien d’un toit d’une hauteur considérable, tandis que le centre est occupé par une cour à ciel ouvert du plus excellent ouvrage, où se trouve le pilier, de 40-coudées, sur laquelle l’ange incarné sur la terre a passé sa vie céleste.

Jouxtant les arches de la colonnade, une balustrade, formant une barrière à la fois vers la tribune mentionnée ci-dessus et les colonnades. Lors de la balustrade, sur la G du pilier, j’ai vu, en compagnie de tous les gens qui étaient là assemblés, tandis que les paysans dansaient autour d’elle, une étoile large et brillante, suivant la balustrade, pas une fois , ni 2 ou 3, mais à moultes reprises ; fuyant souvent, et réaparaissant soudain: et cela se produit uniquement lors de la commémoration du saint.

Il y a aussi des personnes qui affirment et il n’y a aucune raison de douter de ce prodige, compte tenu de la crédibilité des Bons, dont certain ont, dans la même circonstance vu la semblance du visage du saint volletant çà et là, avec une longue barbe, et coiffé d’une tiare, comme à son habitude.

L’entrée est libre aux hommes, qui circontourne à plusieurs reprises le pilier avec leurs bêtes de somme : mais on prend les plus scrupuleuses précautions, pour une raison que j’ignores, à ce qu’aucune femme ne pénètre le bâtiment sacré : maiselles peuvent contempler le prodige depuis le seuil, une porte étant à l’opposée des rayons de l’étoile.