al-Bakrī, Abū ‘Ubayd ‘Abd Allah ibn ‘Abd al-‘Azīz al-Bakrī, Description de l’Afrique, v.1068 n-è

FAS

Fàs se compose de deux villes l’une à côté de l’autre et entourées chacune d’une muraille.
Elles sont séparées par un rapide torrent quie fait tourner des moulins […]
-Adwat-al-Qarawîn est située ) l’ouest de adwat-al-andalusîn.
Chaque habitant a devant sa porte un moulin à lui et un jardin rempli d’arbres fruitiers et coupé par des rigoles, sa maison aussi est traversée par un cours d’eau.
Les deux villes renferment plus de 300 moulins et une vingtaine de bains.
Les juifs sont plus nombreux à Fàs que dans aucune ville du Maghreb[…]
Les Maghâribâ disent comme proverbe : Fàs blad bla nàs
[…]ils sont construits au pied d’une colline […] le quartier des andalusîn fut fondé en 192 (807) et celui des Qarawîn en 193.

Idrîs bn Idrîs […]mourut […] l’an 213 et finit ses jours à Walilî […] à une journée […]à l’ouest.
Bâb al-Ftûh donne au sud […] pour se rendre à Qayrawân, Bâb al-Kanîsa donne à l’est, face au faubourg al-Marda.
Bâb Ba Khallûf aussi à l’est
Bâb Hisn Sa ‘adûn au nord
Bâb al-Hawd à l’ouest face aux Qarawîn
Bâb Sulaymân : ibid
[…]
Lorsque survient des querelles ; ils se battent sur le terrain Qudyat-al-Fûl
[…]
Un beau Jâmi‘ à 6 nefs d’est en ouest, à colonnes de calcaire, un très grand parvis, qui contient prs noyers […) et reçoit de l’eau par la Sagîa Maçmûda.

Bâb al-Hisn al-Jdîd face au sud, qui mène au Zwagha
Bâb as-Silsala face aux andalous
Bâb al-Qanatir ibid
Bâb as-Syâj (haie) construite par Yahya bn al-Qâsim face au nord mène à Washtata et Maghîla
Bâb Sûq al-Had vers l’ouest vers Zwagha
Un Jâmi‘ à trois nefs d’est en ouest ; fondé par Idrîs bn Idrîs, a prs vestibules et une grande cour aux oliviers […]
Les eaux arrivent après avoir traversé le quartier des andalous.
Les citrons y […] atteignent une grosseur extraordinaire […]
Wâd Fàs se jette dans le Sbû.

Dans le canton de Maghîla, à l’ouest, Ash-shaykh s’est effondré avec tous ses habitants.
En 341 (952), l’armée d’Al-Bûrî bn Abû al-‘Afya abandonna ses tentes et ses bagages ici, après sa déroute face aux Bnu Muhammad.
Dans Wâd Fâs se trouvent nombre de poissons Labîs […] (une carpe)

Ibrâhîm bn Muhammad, né à Azila, père du fameux Faqih Abû Muhammad al-Mufaddil bn ‘Umar al-Madhajî composa sur Fàs ceci :

Je suis entrès dans Fàs, ville que je désirais tant voir, mais les effluves du fromage me prirent yeux et tête.
Tant que je vivrai, je ne remettrai plus le pied à Fàs, dut-on me donner Fàs avec tous ses habitants.

Un Qadi de Tahert, Ahmad bn Fath […] :
Lance des ordure au nez des Fâssî-s des deux bords ; n’en épargne pas un seul !
Ce sont des gens repus d’ignominie au point de dire : « Si l’on veut vivre dans l’aisance, il ne faut pas être généreux ».

Le muid de Fàs pour le blé compte 80 mesures (Awqya), le grand muid, ou Lûh, vaut 120 muids. […]

FATH
Lorsque Mûsâ bn Nuçayr parvint à Tanja, ‘Iyâd bn ‘Uqba quitta la colonne et alla contre Sgûma […] dans les environs de Fàs.
Sulayman bn Abî al-Muhâjir le suivit.
Mûsâ […] refusa parce que […] « les gens de cette cité ont fait soumission ». […]

Dans le premier combat des Arabes contre les Sgûmyâ, ils essuyèrent une défaite ; mais ‘Iyâd […] escalada le fort du côté opposé et mit la garnison en déroute.
Dans le massacre qui s’en suivit il périt tant de monde que le peuple des Awraba ets demeurée dépeuplé.
[…] Mûsâ écrivit ainsi à Al-Walîd bn ‘Abd al-Malik […] : « AlM, dans le partage des captifs […] on vous a réservé 100.000 individus. »
Al-Walîd répondit : «  Allons, c’est encore un mensonge ! si on devait te croire, cet endroit fut le rendez vous de toutes les nations de la terre. »

Idrissides:
Fàs fut la capitale des Etats des Banu Idrîs bn ‘Abd Allah bn Hasan bn Hasan, bn ‘Alî bn Abû Talib.
Idris étant arrivé au Maghrib s’établit à Walilnî, Tanja se serait nomé ainsi. Selon Muhammad bn Yûsuf, Walîlî est située à une journée de Fàs, ce fut là que Idrîs bn Idrîs s’éteignit.
Cette grande et ancienne ville ets située à l’ouest de Fàs ; I descendit d’abord chez un Awraba, Ishâq bn Muhammad bn ‘Abd al-Hamîd al Mu‘tazilî dont il adopta les croyances en l’an 172.
L’année suivante, il se rendit à Masna puis à Tâza, qui faisait partie des Etats des Bnu Al-‘Afya.
[…]
Idris se rendit à Tâza en 174/790 Abû al-Hsan ‘Alî bn Mhammd bn Slîman An-Nawfilî rapporte de son père […] des renseignements bien différents de ceux que les plupart des historiens ont fournis au sujet de la fuite d’Idrîs et de son arrivée au Maghrib :
« Idris fut du nombre de ceux qui prirent la fuite lors de la défaite d’Husayn […] la bataille de Fekh eut lieu en 169 (786) ; I se cacha qq mois jusqu’à ce que Rashid (son mawlâ) put le soustraire à al vengeance du Sultan […] il le revêtit d’une mdrâ‘a, d’un turban grossier et le fit passé pour un domestique et se mit en route avec les pélerins. […]
Arrivés à Miçr sans accident, ils […] passèrent auprès d’une belle maison […] lorsque le maître les aperçu […] il reconnut à leur air […] leur origine Hijâzî […]
« Vous êtes natifs de Médine » leur lança-t-il […] cet individu était un mawlâ des abbassides.
Rashid […] jugea à son visage que c’était un homme de bien, […] dit :
« je voudrais vous livrer un secret, mais vous devez promettre […] soit de nous accueilir chez vous, de mériter la faveur de Dieu par cet acte […] et de protéger […] le sang du prophète ; soit de garder le secret […] ».
Voici I […] je le conduis maintenant dans le pays des berbers ; peut être trouvera-t-il dans cette contrée éloignée une retraite assurée où ses ennemis ne sauront ‘latteindre ».

Cet homme les fit entrer dans sa maison […] jusqu’à ce que la caravane de l’Ifriqya fut sur le départ ; il loua alors un chameau pour eux, […] il dit :
« le wâlî de Miçr a des postes sur toute la frontière, personne ne peut sortir du pays sans être examiné et fouillé, mais je connais un […] sentier écarté et peu connu […] ».

[…] Idrîs et Rashîd, s’étant rencontrés, montèrent sur le même chameau et continuèrent jusqu’à la frontière de l’Ifrîqya ; n’osant pas y entrer, ils traversèrent les pays berbers et arrivèrent en terre de Fàs et Tanja.
Idrîs se fixa dans ce pays, après s’être mis sous al protection des Berbers ; Harûn ar-Rashîd ; ayant appris cette nouvelle s’en plaignit à Yahya bn Khâlid, et celui-ci lui répondit : « AlM, je me charge de vous débarrasser de cet homme » ; il fit alors venir un membre des Rabî‘â ; Sulayman bn Hurayz al-Jazarî, un des théologiens qui avaient adopté les opinions des Zaydyâ

Doux, Brave, il était un démon humain, il tenait le rang d’imam des Zaydya […].
C’est lui que Ar-Rashîd avait fait appeler pour soutenir contre Hishâm bn al-Hakâm, une controverse sur l’Imama.
Yahya obtint ses services pour une forte récompense, et lui fit moulte promesses au nom du khalifa et l’engagea à tuer Idrîs par quelque tour d’adresse. Il lui remit alors […] un flacon contenant de la civette empoisonnée […] ils traversèrent le Maghrib jusqu’au lieu où se trouvait Idrîs, Sulayman se présenta devant le Amîr, qui le connaissait de réputation et lui dit :
« je suis venu à toi après avoir subi volontairement les pires épreuves pendant que j’enseignais la doctrine […] le sultan avait voulu me faire arrêter […] avec vous autres, de la famille du Prophète ; aussi suis-je venu dans votre pays pour y trouver asile et vous soutenir […] »
Sulayman tint alors des conférences aux berbers et proclama le devoir de soutenir la descendance du Prophète […] ; s’étant ainsi concilié les faveurs d’Idrîs, il resta à ses côtés […] pour le prendre au dépourvu, le trahir et le perdre […] Sulayman prit le flacon et entra chez Drîs […] « Sydy, je prie Dieu d’accepter le sacrifice de ma vie poru qu’il épargne la vôtre ! j’ai sur moi un flacon de parfum dont les ingrédients ne se trouvent poas en votre pays, ej vous l’offre, et vous prie de vous en parfumer ».
[…] quand le poison qu’Idrîos avait senti lui fut monté au cerveau, il défaillit et devint inconscient […] il mourut en fin de journée.
Rashîd ayant découvert que l’auteur du crime était Sulayman, il partit à cheval […] et finti par atteindre les traîtres […] S reçut dans ce combat trois coups de sabre sur la tête et perdit la main, mais grâce à sa cotte et à son adresse dans la défense […] il profita de [l’épuisement du cheval de Rashîd ] pour fuir […] »

Voici le récit de Ahmad bn al-Hârith bn ‘Ubayda al-Yamanî :
« […] Idrîs arriva en Egypte, dony la poste était dirigée par Wadah, mawlâ de Sâlih bn al-Mançûr.  Il était partisan de la Shi‘a (chez Muhammad bn Ibrahim bn Muhammed bn al-Qasim, on le dit pencher pour la famille d’Abû Talib), il fournit au fugitif des chevaux de poste. Lorsqu’Idrîs entra sur la Terre de Tanja, Ar-Rashîd ordonna à son mawlâ Ash-Shammakh, de se déguiser en médecin et de le rencontrer. […] il appliqua dans sa gencive une poudre empoisonnée […] I mourut […] son assassin s’enfuit et alla rejoindre Ar-Rashîd et obtint de lui la régie des Postes de Miçr »
[…]
An-Nawfilî nous informe qu’idrîs mourut à Walîlî en 175 (791) et avait eut autorité 3 ans et demi sur les berbers.

Selon un autre historien, c’est […]Dawûd bn al-Qasim bn Ishaq bn ‘Abd Allah bn Ja‘afar bn Abî Talib se sauva au Maghrib et sa postérité, encore aujourd’hui à Fàs, s’est allié matrimonialement avec les Adârisâ.
[…]
« ‘Alî An Nawfilî a reçu l’information de ‘Aysâ bn Junûn qui servait Idrîs bn ‘Aysâ comme Qadî d’Arshgûl et était entré en Isfân pour jahad, Sulayman bn ‘Abd Allah bn Hasan bn Hasan s’est aussi rendu au Maghrib à Tlamsan.

Idrîs An Nawfilî mourut sans enfants, il laissa une concubine enceinte, […] Rashîd se chargea de gouverner les Berbers ; le fils qu’elle enfanta qu’on appela Idrîs […] reçut de Rashîd uen excellente éducation, il naquit en 175/791 ; Rashîd mourut en 186/802 […] Muhammad bn Es-Semherî […] fait ainsi la sartire d’Al-Qasim bn Idrîs.

Dîtes au bâtard de Tanja «  Vis dans cet endroit tant qu’il te plaira, poersonne ne t’enviera ton pays »
« Flatté par la vanité, tu te voudrais khalifa, allons, c’est encire une des sottises qui empli ton discours »
« Quand je t’ai vu prendre des vilains pour amis, j’ai eu la conviction que Rashîd était ton aïeul.

On dit que Rashîd était mawlâ de ‘Aysâ bn ‘Abd Allah, à la mort de Rashîd, la tutelle du jeune Idrîs échut à Abû Khâlid Yazîd bn al-Yâs, un chef qui amena les berbers à reconnaître son protégé comme souverain et à lui rendre la bay‘a.
[…] En 187/803 eut lieu la cérémonie, il avait 11 ans.
[…] ensuite il alla passer un mois à Fàs sur le bord Andalous, en 192, la place du bord des qarawîn était un marais de roseaux bordé de quelques tentes des Zwaghâ ; invité par ces gens, […] en l’an 193, il fonda le quartier. En 197, il attaqua Niffîs puis les nerfzâ de Tlamsan ; il rentra en 199.
[…] Dawûd bn Al- Qâsim bn Ishâq bn ‘Abd Allah bn Ja ‘afar :
« J’étais au Maghrib avec Idrîs II et je l’accompagnai dans un ghazwa contre les Khawarij ; les ayant rencontré, il les combattit, bien que leurs troupes soient trois fois plus fortes que la sienne […]
[… il déclara] « c’est à bon droit que je puis réciter ces vers :
Notre aïeul Hasan n’a-t-il pas retroussé son manteau pour enseigner à ses fils comment on frappe avec la lance et l’épée !
La guerre ne me lassera pas avant qu’elle se lasse de moi : jamais je ne me plaindrai des fatigues que j’aurai à supporter »

En 213/828, Idrîs mourut à Walîlî à l’âge de 33 ans. […] Muhammad (son aîné) lui succeda et partagea l’empire entre ses frères sur les conseils de sa grand-mère Kenza. Il se réserva la cité de Fàs comme résidence et livre à son frère Al-Qâsim Al-Baçra et Tanja […] à ‘Umar il assigna les pays Sanhaja et Ghumara, Dawud obtint les Huwâra de Tasalmat, Yahya reçut Day et ses environs, ‘Ysâ eut le gouvernement de Wazaqqûr et Salâ, Hamza le commandement d’Al-Awdyâ (terres du voisinage de Walîlî) et ‘Abd Allah fut maître de Lemta […].
[…] ‘Ysâ se révolta contre Muhammad qui écrivit à Al-Qâsim dont le territoire jouxtait le sien lui ordonnant de le combattre ce qu’il refusa tandis que ‘Umar […] s’empressa […] et sans attendre Muhammad […] il contraignait ‘Ysâ à se replier sur Salâ […] il dépouilla alors Al-Qâsim de toutes ses possessions et dès lors ce dernier se consacra à al dévotion et s’enferma dans un masjid qu’il fit bâtir à Asila, en bord de mer. Peu après, ‘Umar mourut à Al-Firâs, sa campagne du pays Sanhaja. Son corps fut transporté à Fès pour y être inhumé ; la famille Hammûdyâ descend de lui, et a pris son indépendance en Andalus […].
Muhammad mourut ensuite et laissé ses Etats à son fils successeur ‘Alî […]

Puis Yahya bn Yahya bn Muhammad eut le commandement.
S’étant épris d’une belle juive, nommée Hanna, il pénétra dans le hammam lorsqu’elle y était et par cet acte détestable monta contre lui tout le peuple de Fàs.
‘Abd Ar-Rahmân bn Abî Sahal Aj-Judamî […] profita du mécontentement général pour s’emparer du pouvoir et chasser Yahya des Qarawîn […] il se réfugia chez les Andalusîn où il mourut ce soir là.
Sa femme ‘Atîqa bint ‘Alî bn ‘Umar bn Idrîs ne l’accompagna pas dans sa fuite, son pèren alors avec ses troupes et s’empara des Qarâwîn […] sous son règne, un Khârij Sufrî nommé ‘Abd Ar-Razzaq et natif des marches d’Espagne se révolta dans la Mdyûna, montagne au sud de Fàs […] il remporta une victoire décisive et le contraignit à abandonner la ville […] pour la Terre des Awraba […] les habitants des Qarâwîn refusèrent de se soumettre et firent venir Yahya bn Al-Qâsim Al-‘Addam pour les commander qui resta jusqu’en 292/904 lorsqu’il fut tué par Rabî‘a bn Sulaymân.

[…] histoire des guerres

Hamad bn Hamdan Al-Lûzî […] ayant accueilli chez lui Hasan al Hajjam, le retint prisonnier après avoir ordonné de fermer le sportes de la ville afin que les troupes de son hôte n’y entrassent pas : tel était l’usage à Fàs, jamais les habitants n’autorisaient uèn qâ’id d’introduire ses troupes dans la ville […] Hamad envoya chercher Mûsâ bn Abî Al-‘Afya et l’introduisit dans la place.

[…] Les derniers adârisâ :
Son fils Ibrâhîm […] Ar-Rahûnî laissa deux fils, Junûn et Hannûn qui s’établirent à la Sakhrat-An-Nâçir […] ce prince subit l’insolence de Muhammad bn Ishâq Al-Bajalî.
S’étant épris d’une concubine de ce poète, il la lui enleva et l’installa chez lui, Al-Bajalî qui avait déjà un fils de cette femme, sollicita Ahmad bn Al-Qâsim bn Idrîs afin de la récupérer.
Ahmed écrivit à Junûn, son cousin […] lui expliquant que son acte l’exposait aux pires propos. […] il autorisa alors Al-Bajalî à combattre le ravisseur par la satire […] :
Les étrons que tu lâcheras en recevant les coups de mes satires,
penses-tu qu’elles se laisseront enlever par les eaux du Safdad débordé ?

Ou par la mer de Tanja, qui agite ses bourrasques de l’Eurus
[  ? ] d’un rocher escarpé ?

Ou par le Nil de Miçr quand il répand ses torrents dévastateurs,
dont les vagues écumantes envahissent le rivage ?

Jannûn prétend qu’il n’est que Pédéraste ;
Alors qu’il est le Passif quand il est seul avec son page.

Enfants de Muhammad le Bâtard,
vous êtes les plus vils des êtres qui se lèvent le matin et se couchent le soir !

Si Junûn appartient à la famille de Muhammad,
Alors je renie le prophète Muhammad !

[…]
Le poète parle des bourrasques de l’Eurus dans la mer de Tanja, parce que le vent de l’est y cause d’énormes désastres et se fait sentir également sur les deux côtés.

De tous les enfants de Muhammad, celui qui parvint à la plus grand epuissance fut Abû Al-‘Aysh bn Jannûn, il posséda toutes les terres depuis Yû Idjâjîn au sud de Hajar An-Naçr jusqu’à Fàs ; le savant de la famille fut Ahmad bn Ibrâhîm bn Muhammad qui connaissait le Ansâb al-‘Arab et le Tâ’rîkh ; comme sa prudence équivalait à son intelligence, se stalents méritèrent l’admiration universelle. […] il était seigneur des terres depuis Yû Idjâjîn jusqu’à la cité de Sabta […] en l’an 332/943 il consulta le grand Qâdî Muhammad bn ‘Abd Allah bn Abî ‘Ysâ, lui exprimant le désir de passer en Espagne et de faire le Jihâd sous les ordres du Amîr al-Mû’minîn ‘Abd Ar-Rahmân […] qui l’informa qu’après avoir débarqué à Al-Jazîra, il trouverait à chacuns des trentes relais avant d’arriver à Balat-Humayd, sur la marche extrême, une demeure bâtie pour l’accueillir et qui coûteraient 1000 mithqâl chacun à l’Amîr al-Mû’minîn.
[…]
En 338/949, les Banî Muhammad bn Al-Qâsim firent abattre la cité de Titawân puis le regrettèrent et acceptèrent de la relever ; les citoyens de Sabta […] se plaignirent que la nouvelle Titawân nuirait à la propérité de leur ville […] ‘Abd Ar-Rahmân y envoya en urgence une troupe aux ordres d’Ahmad bn Yala, lequel arriva à Sabta en 341/952 et écrivit au ‘Âmil de Tîqîçâs une dépêche ordonnant à Humayd bn Izelî, commandant sur place de se rendre avec se shommes à Sabta et d’aider Ibn Yala à combattre les Banî Muhammad.
Lorsque les deux armées se rejoignirent, ‘Alî bn Mu‘ad, en mission pour Humayd auprès de ces Adârisâ parvint à les convaincre de se rendre à Cordoue […] ils laissèrent leurs fils en otages et furent couverts d’honneurs.

[…]

Les fils de ‘Umar bn Idrîs bn Idrîs :

Toute la postérité de ces 4 frères vit chez les Awraba, le reste dans la ville de Fàs et dans les Terres Kutama

[…] Jannûn bn Idrîs bn ‘Alî fut chassé de son pays par Mûsâ bn Abû Al-‘Afya ; puis passa chez les Znata, fut fait prisonnier par les Barghwatta et laissa sa postérité dans leur pays.

[…postérités espagnols, khalifat d’Andalus]

Mamlakat-al-Barghwatta wa mulukuhum :

Récit de Zammûr :
Abû Sâlih bn Mûsâ bn Hishâm bn Wardisen Al-Barghattî et tenait chez son peuple le rang d’Imâm.
Chargé de mission par le Sultan Barghwattî Abû Mançûr ‘Ysâ bn Abû Al-Ançâr ‘Abd Allah bn Abû Ghufayr Yahmad bn Mu‘âd bn Al-Yaçâ bn Sâlih bn Tarîf, il arriva à Qurtuba en 352/963 et se rpésenta à Al-Hakam […] pour communiquer […] il avait un interprète, Abû Mûsâ bn Dawud bn ‘Ashrîn As-Sttasî natif de Shallâ, musulman […].

-Tarîf bn Sham‘awn bn Ya‘qûb bn Ishâq, aïeul des rois Barghwattâ avait pris part aux ghazwât de Mayçira Al-Matgharî Al-Haqîr et celle de Maghrûr bn Talût. En souvenir de lui on donna à l’île de Tarîfa son nom.
Les partisans de Mayçira se dispersèrent à sa mort et Tarîf, qui alors exerçait le pouvoir sur les Znata et les Zwagha, passa au Tamesna et s’y fixa, les berbers en firent leur chef […]. Il mourut sans jamais apostasier l’Islâm […]
-Son fils Sâlih reçut des Berbers le commandement […] (100 ans après la mort du Prophète) […] s’étant distingué auprès de Mayçira comme savant et vertueux, il se présenta comme Prophète et leur enseigna les doctrines qu’ils professent encore aujourd’hui.
Il affirma avoir reçu de Dieu un Lectionnaire qu’ils lisent encore aujourd’hui : « Cet homme, selon Zammûr, est le Sâlih al-Mû’minîn mentionné par Dieu dans le Lectionnaire de Muhammad Sûrat LXVI
Il instruisit à son fils Al-Yâs […] le devoir de la prédication et de mettre à mort les opposants.
[…] S’étant mis en route pour l’orient, il promit […] de revenir parmi eux quand le septième de leurs rois serait venu au trône et déclara qu’il était le Mahdî qui doit paraître à la fin des siècles pour combattre Ad-Dajjâl et compterait parmi ses disciples ‘Ysâ bn Maryâm […] il leur adressa plusieurs discours attribués à Mûsâ Al-Kalîm, au devin Satîh et à Ibn al-‘Abbâs et se donna les noms de Sâlih en arabe, Malik en Syriaque, ‘Âlim en persan et W-Rabbîâ en hébreux et Wr-ya-we-ra en berber (sic Wryalera : celui après lequel il n’y a rien).

-Au départ de Sâlih, Al-Yâs prit le commandement et resta apparemment attaché au fard islamique […] la pureté de se smoeurs et l’austérité de sa vie le tinrent éloigner des affaires du Monde […]

-Il laissa un fils du nom de Yûnus, qui, une fois au pouvoir, enseigna publiquement la nouvelle religion et fit abattre tous ceux qui s’y opposèrent […] il dépeupla 387 localités.

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[…] 7770 de ces récalcitrants subirent la mort dans Tamllûgaf […] en une seule bataille, il extermina 1000 Waghd (n’a ni frère ni cousin) des Sanhaja […] se rencontrent rarement dans les tribus berbers […] les pertes énormes dans les autres groupes[…]
Yûnus, dit Zammûr, se rendit en Orient pour le Haj […] il mourut dans la 44è année de son règne et l’autorité […] tomba à

– Abû Ghufayr Yahmad bn Mu ‘ad bn Al-Yas […] il livra nombre de guerres aux berbers […] lors de la prise de Timghasen, ville immense de l’époque, il laissa massacrer les habitants pendant 8 jours […] il épousa 44 femmes dont chacune lui donna un fils et mourut vers 300/912 après 29 ans de règne.

-Abû Al-Ançâr ‘Abd Allah lui succéda, engageant et généreux, fidèle à sa parole, soutien de ses protégés, il recevait des cadeaux mais en rendait plusieurs fois sa valeur. […] jamais il ne s’enveloppait la tête d’un turban, sauf pour temps de guerre, car seuls les étrangers portaient le turban dans son pays ; chaque année, il réunissait ses troupes pour menacer d’envahir une terre voisine, et forçait par cette démonstration les tribus à lui envoyer cadeaux et recherche d’amitié. […] il licenciait alors ses troupes […] après 42 ans d’un règne quiet, il fut enterré à Tamslakht où se trouve encore son tombeau.

-[…] Abû Mançûr ‘Ysâ lui succéda en 341/952 à l’âge de 22 ans et […] son père lui avait demandé en mourant d’entretenir l’amitié du Sultan d’Andalus comme tous les Amîr l’avaient toujours conseillé à leur héritier […] «  tu es le 7è de la famille à obtenir le commandement, j’ai bon espoir que Sâlih bn Tarîf te rencontrera comme promis  »

ici finissent les renseignements fournis par Zammûr.

Abû Al-‘Abbâs Fâdl bn Mufaddil bn ‘Amr de la tribu arabe de Madhaj nous a transmis ces informations :
« Yûnus, le premier à soutenir par les armes la religion des Barghwatta était de Shidûna, de Wadî Barbât, il se rendit en orient la même année que […] Zayd bn Sinân Az-Znâtî, chef de la secte des Waçîlîâ, Barghût bn Sa‘îd de Trar, aïeul des Bnî ‘Abd Ar-Rzaq ou Bnî Wakîl, famille Sufrî, Minad […] qui laissa son nom au Qaçr Al-Minâdîa de Sijilmasa […] Yûnus et deux autres s’arrogèrent la qualité de Prophète […] à ses connaissances en astrologie, divination et évocation de Jnûn, il ajoutait des notions de scolastique, de controverse qu’il avait étudié sous Ghaylan (bn Yûnus Al-Dimashqî, affranchi copte converti et Mu‘tazilî, crucifié par Hishâm bn ‘Abd Al-Malik).

Alors qu’il se rendait en Esfân, il s’arrêta chez ces Znata et découvrit leur grande ignorance […] et se mit à leur rpédire des évènements par l’indication des astres et comme il devinait presque toujours juste, il obtint de leur part une grande considération […] il annonça alors clairement ses doctrines et se fit reconnaître comme Prophète […]
[…] poème de Sa‘îd bn Hishâm Al-Maçmûdî sur la bataille de Baht […] :

Femme ! Ne pars pas encore, reste, et conte nous, donne nous des informations sures
Les berbers, égarés, sont frustrés dans leur espérance, puissent-ils ne jamais s’abreuver à une source limpide !
Je haie une nation perdue, écartée de la voie de l’islam
Ils déclarent que « Abû Ghufayr est notre Prophète » que Dieu maudisse la mère de ces menteurs !
N’as-tu pas vu le Yawm Baht ? N’as-tu pas entendu les cris sous les pas de leurs coursiers ?
Gémissements de femmes éplorées, certaines ayant perdu leurs enfants, d’autres hurlant d’effroi ou laissant tomber le fruit de leur sein.
Au jour de la résurrection, Ahl Tamsna connaîtront ceux qui nous otn protégés
Yûnus sera là, avec les fils de ses fils, entraînant sur leurs pas les berbers asservis
Voilà donc « Wryawera », que Jehennem l’enferme, chef des orgueilleux
Votre réprobation ne date pas d’aujourd’hui mais du temps où vous pactisâtes avec Mayçîra !

[…] cet homme égaré enseignait à ses fidèles de reconnaître la mission divine de tous els prophètes et celle de Sâlih bn Tarîf et de chacun de ses descendants, à croire que ces discours étaient Anzala de Dieu […] à jeuner pendant Rajab (pâques) et à manger pendant Ramadan, à prier 5 fois par jour et 5 fois par nuit, à sacrifier le 11è jour de Muharram ; en terme de Wudu, de se laver d’abord le nombril et les hanches, ensuite les […] « évacuations ordinaires », puis la bouche, à s’essuyer le coup par devant […] se laver les bras depuis les coudes, à passer la main mouillée sur la tête trois fois [ de même les oreilles] enfin les jambes depuis les genoux […] ils se prosternent trois fois […] « A B-Ism N Yakukh » (B-Ism-Allah) puis « Muggar Yakukh » (Allah Akbar) […] puis Ihan Yakukh (Allah Ahad) puis Wr Dâm Yakukh (La Ila Ila allah) (Yakukh serait selon le trad. en fait Bakukh : Bacchus) ils célébrent la Jumu‘a le 5è jour au matin […] ils prélèvent l-‘ushr des grains comme Zakat mais ne l’acceptent pas des muslimîn. Chacun peu épouser autant de femmes que ses moyens le lui permettent, sans limite, mais pas leurs cousines au 2è degré ; les concubines, épouser des muslimât […] leur est défendu, mais ils peuvent divorcer leurs femmes et les reprendre autant de fois qu’ils le souhaitent ; le voleur […] est exécuté et on lapide les fornicateurs, le menteur est […] chassé du pays ; le prix du sang est de 100 bœufs, la tête des animaux leur est interdite, le poisson également est interdit s’il n’est pas égorgé, de même les œufs, et même les poules si l’impérieuse nécessité ne l’impose pas. Ils ne font ni Adan ni Iqâma, pour les heures ils suivent les champs du coq c’est de là que vient l’interdit alimentaire. […]
Le Lectionnaire réunit par Sâlih bn Tarîf […] contient 80 surat qui portent le nom d’un prophète […] : de Ayûb jusqu’à Yûnus ; on y trouve aussi Fira‘wn et Qarûn, Haman, Yajûj wa Majûj, Ad-Dajjâl, Al-‘Ijl, Harût wa Marût, Talût, Nimrûd […] la surat du Coq, de la Perdrix, de la Sauterelle, du Chameau, du Serpent à 8 pattes, des Merveilles du Monde[…].

Ayûb :
« Bism-Yakukh, celui auquel il a livré son Livre pour le communiquer aux hommes est celui par qui il leur a manifesté Sa Nouvelle »
Ils disent que Satan a eu connaissance du destin, à Dieu ne plaise, Satan n’e peut savoir ce qui est connu de Dieu seul […]
La Langue que Dieu a envoyée pour offrir la Vérité aux hommes, c’est pas elle que la vérité s’est établie ; regarde Muhammad. »

Ce qui se dit dans leur langue : Imûnî Mamet […]

« Tant qu’il vêcu tous les hommes qui étaient devenus ses compagnons se conduisirent avec rectitude, à sa mort, les hommes se corrompirent […] »

Les Barghwatta pouvait alors se mettre en campagne avec 3200 cavaliers […] les forces combinées de toutes ces [ qui leur sont soumises] tribus se composaient de 10 000 cavaliers […] les forces réunies de ces peuples [tributaires musulmans] formait un corps de 12 000 cavaliers. Dans l’armée des Barghwatta ne se trouve ni tambours ni drapeaux.
Zammûr […] signala comme la plus grande [ rivière] la Masinat, fleuve qui se jette à la mer, et coule du sud au nord sur une longueur de 6 journées, le Wansîfen se jette dans l’Océan après avoir conflué dans le Shâlla qui coule au pied du Ribat.

[…] quelques temps après 420/1030, le Amîr (Abû Kamal) Tamîm Al-Ifranî prit les armées contre eux et s’empara de leur pays, y fixa sa résidence et en expulsa une partie de la population, réduisant l’autre en esclavage ; depuis lors, la puissance des Barghwatta s’est anéantie […] sans laisser de traces […] aujourd’hui on professe l’islam dans toute la région des Barghwatta.

[…]

ITINERAIRES

De Fàs à Sijilmasa :

5 journées (soit 250 milles) avant d’entrer sur le territoire de Sijilmasa :
Après avoir traversé pendant trois journées un pays bien boisé, cultivé et arrosé on entre dans la ville.
[…] informations de Muhammad bn Yûsuf :
Parti de cette ville, on arrive, après un journée au lieu dit Arfûd, montagne stérile aux environs totalement déserts et avec une source d’eau chaude, de là à Al-Ahsa, lieu sableux où l’eau est puisée à une coudée de profondeur, station située sur les terres Znata, à une journée. Une journée plus loin se trouve Yrara, qaçr à la forte population, un sûq, un jâmi‘ et un ruisseau. […] leur laine de qualité supérieure s’emploie à Sijilmasa pour le tissage d’etoffe dont le prix dépasse 20 mithqâl la pièce. Une journée encore pour atteindre Sengenfû, montagne du Duran […] avec beaucoup de pins, cèdres, chênes doux ? à une journée de plus, au sud du Mulwya on trouve Matmata, Amskûr, canton qui abonde en céréales et irrigué par les eaux de ce wad, et couvertes de bovins et d’ovins. […] puis à une journée Sûq Al-Khmîs […] une autre journée vers Maghîlat Bnî Tigaman, appartenant à un Ribât de Sufrî et entourée d’un vaste faubourg, les Bnî Tigaman, eux même, professent la Sunna et demeurent sur la colline qui touche au faubourg. Puis deux journées pour traverser une haute montagne et arrivée à Maghîlat-Al-Qât […] l’arbre le plus abondant y est le figuier, dont les fruits séchers s’envoient à Fàs ; une autre journée conduit à Lwata Madyan, réputée imprenable, sur le Wadî Sbû […] de là on descend à Fàs.

Sijilmasa

Sijilmasa fut fondée en 140/757 et son accroissement dépeupla Tergha qui était à deux journées, et la ruine de la cité de Zîz, elle est implantée sur une plaine salée et entourée de faubourgs, à l’intérieur on trouve de très belles maisons […] un grand nombre de jardins, la partie inférieur de son Mur est en pierre, le dessus en briques et fut édifié par Abû Mançûr Al-Yasa bn Abî Al-Qâsim […] y consacra 1000 muids de vivres chaques jours ; percée de 12 portes, dont huit en fer fut construite […] en 199/814, l’année suivante, il partagea entre les tribus les terrains de la cité, les habitants portent systématiquement le Niqâb qui leur cache la figure et si quelqu’un montre son visage, ses parents ne le reconnaissent pas.
Sijilmasa est située sur un rivière, réunion de ruisseaux dont la source est au lieu dit Aglef, et qui se partage en deux branches non loin de la ville, l’une à l’est, l’autre à l’ouest, le jâmi‘ de Al-Yas est soigné et bien bâti mais le Hammam est mauvais.
[…] Les dattes, les raisins et toutes les autres espèces de fruits y abondent […]
Sijilmasa est située à l’entrée du désert et ne connaît aucune localité à l’ouest ou au sud.
[…] A Sijilmasa, on engraisse les chiens pour les manger comme cela se fait à Qastilîa et Qafsa […] le métier de […] maçon est réservé spécialement aux judaïsants.
Lorsqu’on part pour se rendre à Ghana au Sûdân, on doit marcher deux mois à travers un désert inhabité, dans cette vaste région, on rencontre quelques nomades qui ne s’arrêtent jamais, tels les Bnî Msûfa, fraction de la tribu Sanhaja qui n’ont aucune ville ou s’abriter à l’exception de la vallée du Draa qui est à 5 journées de Sijilmasa.

Les Bnî Midrar ont régné à Sijilmasa pendant 160 ans, Abû Al-Qâsim Samgû bn Waçûl Al-Miknâsî, père d’Al-Yasa et g-père de Midrar rencontra Ikrima Mawlâ de Ibn ‘abbâs en Ifriqya et appris de lui. Il possédait des troupeaux sur les terrains de Sijilmasa ; quelques Sufryâ le rejoignirent et dès qu’ils furent 40 ils prirent comme chef ‘Ysâ bn Mzyad Al-Aswâd en 104/722 et ils battirent la cité […]

selon d’autres chroniqueurs, Midrar était forgeron et Râbidî d’Isfân, lors de l’affaire du Rabid (faubourg de Cordoue d’où Al-Hakim expulsa les révoltés en 203/818 qui allèrent au Maghreb, à Alexandrie, et surtout fondèrent l’émirat de Crète) […] il alla se fixer près de Sijilmasa qui était une plaine inculte, espace de commerce des peaux, Midrar apportait à ce sûq des ustensiles de fer […] et dressa une tente fixe et les Berbers en firent le centre d’un campement ; […] elle devint peu à peu un grande cité.

[…] ‘Ysâ bn Mzyâd (15 ans), premier wâlî de Sijilmasa entraîna le mécontentement de ses partisans sufryâ et un jour, en réunion à son domicile, Abû Al-Khattab déclara à l’assemblée :
« les Sûdân sont tous des voleurs sans en excepter celui-là ! » et le montra du doigt ; les assistants s’en emparèrent […] l’attachèrent à un arbre sur un colline pour l’exposer aux moustiques jusqu’à la mort […] de nos jours elle a le nom de Jbal ‘Ysâ.

-Abû Al-Qâsim Samgû bn Mizlân bn Nuzûl Al-Miknâsî fut choisi comme chef et mourut en 168/784 à la dernier sijda du soir après 13 ans de règne.

-Abû Al-Wazîr Al-Yâs, son fils fut déposé

-en 164/790 par son frère Abû Al-Muntaçar Al-Yasa […] despotique, violent, dur, emporté soumit tous les berbers qui lui resistèrent […] préleva le quint sur le produit des mines du Dra‘a et professa les doctrines sufryâ, bâti les murs de Sijilmasa et mourut en 208/823

-son fils Al-Muntaçar Al-Yasa Midrar lui succéda […] puis chacun de ses fils Maymûn entrèrent en rivalité […] l’un étant dit Bn Thakîa et l’autre Ibn Ar-Rustamya (rustemides de Tahert) [ …] favorisé par son père qui chasse Bn Thakîa de Sijilmasa, le fils préféré déposséda son père mais les habitants de la cité se révoltèrent et lui enlevèrent le commandement […] on décida de rendre le pouvoir à Midrar. Quelques temps après, ils apprirent que leur Sultan avait invité BN Ar-Rustamya à quitter le Dra‘a avec ses partisans pour lui remettre l’Autorité. […] ils assiégèrent Midrar et lui enlevèrent le commandement pour le donner à Bn Thakîa désigné sous le titre Al-Amîr qui garda le pouvoir jusqu’à sa mort en 263/876. […]

-Muhammad bn Maymûn Al-Amîr garda le pouvoir jusqu’en 270/883 ou il décéda.

-Al-Yasa bn Al-Muntaçar bn Abû Al-Qâsim commanda alors er régna jusqu’en 297/910 lorsqu’il s’enfuit de la capitale qui venait d’échoir à Abû ‘Abd Allah Ash-Shya‘î et le vainqueur donna le commandement de la ville à Ibrahim bn Ghâlib Al-Mzatî

[…]
-En 331/942 […] Muhammad bn Al-Fath bn Al-Amîr ayant triomphé par la force des armes chassa son cousin Al-Muntaçar Samgû et attesta de la doctrine sunnite et du madhab de Mâlik, il régna en bonne conduite et veilla à faire fleurir la justice, mais on peut lui repprocher de s’être arrogé en 342/953 le titre de Amîr Al-Mû’minîn et le Laqab d’Ash-Shâkir Billah et d’avoir frappé à ce titre des dirham et des dinâr […] à l’approche des troupes d’Abû Tamîm Mu‘add (Fatimide) du général Jûhar, il fuit la ville avec ses familliers et ses officiers et alla s’enfermer avec se strésors au Qasr Takegdalt à 12 milles de Sijilmasa ; Jûhar s’empara alors de la cité en 347/958.
[…]

Il suffit d’ensemencer une seule fois les terres de Sijilmasa pour avoir des récoltes 3 ans de suite en raison de la forte châleur du pays. A la récolte, les grains sont désséchés et certains tombent dans les sillons du sol et recommence à pousser […].
Leur froment est de l’espèce chinoise, au grain petit à raison de 75 000 pour un muid prophétique. Le muddi en usage chez eux contient 12 Qanqal de 8 Zllafât de 8 muids légaux.
La singularité chez eux est que les pièces d’or sont reçues au compte et non au poids et [l’inverse…] des poireaux […].

De Sijilmasa à Aghmat :

Sijilmasa-Tîhammamîn où se trouve une mine de cuivre, 2 journées, de Tihammamîn à Wadî Dra‘a deux journées :
Les bords de cette rivière sont couverts de bocages et d’arbres fruitiers très nombreux. On y trouve l’arbre appelé Takût (euphorbe) qui ressemble au Tamarisc et sert à confectionner le cuir de Ghadams. Chaque jour de la semaine ils se tient un marché sur les bords du Dra‘a dans l’une ou l’autre des nombreuses localités […] certains jours on tient deux marchés tant est étendue et populeuse cette région. La partie cultivée de cette terre s’étend sur 7 journées de manière continue, du WD on passe à Adamest puis à Warzazat qui appartient aux Haskûra, après 4 journées dans leur pays […] on atteint le slocalités de al tribu Hazarja avec une montagne à ce nom avec des pierres fines de toutes les espèces et remarquables autant pas leur qualité que leur éclat. […] une journée de plus amène le voyageur à Aghmat.

AGHMAT :
Ce nom est porté par deux cités chacune dans une plaine, l’une est Aghmat Ilân et l’autre Aghmat Wrîka où réside le chef de ces peuples et c’est là que descendent marchands et voyageurs car il est interdit à l’étranger d’habiter Aghmat Ilan ; 8 milles séparent les deux cités, on y voit une petite rivière qui coule du sud au nord et à l’eau saumâtre, la Taghîrout. Tout autour s’étendent jardins et forêts de dattiers. Le canton est grand et occupé par les tribus Maçmûdâ qui demeurent dans des Quçûr […].
On y porte de la cité de Niffîs de grosses pommes et on eput acheter une charge de mule pour ½ dh. […] On y tient prs marchés très fréquentés, celui d’Aghmat est Al-Had […] ce jour on tue et on consomme plus de 100 bœufs et 1000 moutons. Autrefois, à Aghmat, le shabitants se transmettaient entre eux la charge d’Amîr, celui qui l’avait exercée un an était remplacé par un autre que le peuple se choisissait, toujours à la suite d’une arrangement à ‘lamiable, c’est ce que rapporte Muhammad bn Yûsuf Al-Qarwânî.

KÛZ (Mogador) :

Le Ribât situé sur l’Océan Environnant tient lieu de port à Aghmat, les navires y viennent de tous les pays, mais en peuvent reprendre la mer qu’en saison des pluies lorsque le ciel est sombre et ‘lair bruleux et que s’élève un vent de terre favorable et qui els porte hors de danger.
A l’inverse, si le ciel est clair, l’air est pur, le vent souffle depuis l’ouest et soulève des vagues énormes qui poussent la nef vers les plages du désert […].

Wrîka-Kûz :
D’Wrika à Niffîs 35 milles, de là à Shifshawa 30 milles de la à Mramr, 30 milles, de là à Kûz, 25 milles.

1J : ‘Abd Al-Khalaq bn Sî
1J : Fahs Nizâr (crible)
1J : Wâdî Wansifen (Tansift) : grande rivière que l’on traverse sur des outres gonflées et se jette dans l’Océan, elle prend sa source dans le lieu dit Hudûd situé entre les Zwagha et les Matghara.
1J : Fahs Imllû
1J : Bnî Wârith où se trouvent beaucoup d’arbres Al-Furbyûn […]
1J : terre des Zwagha
1J : Hisn Day […] on y tient un marché fréquenté depuis Fàs, Basra et Sijilmasa
1J : Derna grand affluent du Wansifen (sic)
1J : pays des Maghîla […]
1J : Awzaqqûr […]
1J : Sûq Fankûr […] on y fabrique des Burnûs noirs à la maille assez serré pour être imperméable.
1J pour Wlhasa
1J : Gezennaya
1J : Wrzîgha […] un millier de prunes coûte ¼ de dirham
1J : Aghîgha (pierres sèches) ainsi nommée parce que batîe de pierres sans ciment, elle est maintenant déserte et devait sa fondation aux Rabidî-s espagnols […] forcés par les Berbers à l’abandonner ils allèrent à Walîlî où il en reste de nos jours un petit nombre.
1J : Masîta : culture du coton[…)
1J : Fàs (18 journées sic 17 ?)

DRAA :

La cité du Draa, Tyûmtîn est son chef-lieu […] cette cité contient une nombreuse population, un jâmi‘ et prs sûq […] située sur un coteau, au nord d’un Wad qui coule d’est en ouest et tombe en cascade depuis un monte rouge avant d’approcher la cité.
‘Alî bn Ahmad bn Idrîs bn Yahya bn Idrîs était autrefois son seigneur, delà on met une journée pour se rendre à Tamjjathet qui produit un arbre du même nom aux feuilles larges et pérennes du tamarisc, les écuelles dont on se sert à Draa, Sijilmasa et les contrées voisines sont faites avec son bois.

NUL

Au rapport de Mû’min bn Yûmir Al-Hwârî, un lieu d’hivernage se toruve à Awa, île d’où partent les caravanes pour Nûl pendant deux mois vers l’est […] Nûl est à l’extrême limite du Dâr-Al-Islâm, premier lieu habité quand on arrive du désert, les navires mettent trois jours de Nûl jusqu’à l’embouchure du Sûs, puis il font route pour Amagdûl, mouillage très sûr et bon hivernage, Sâhil de Sûs, de là vers Kûz, le port d’Aghmat et possède un Ribât occupé apr des gens dévôts, ensuite à Asfî, puis à Al-Baydâ’, promontoire dans la mer, puis à Fdala, presqu’île et port du Tamsna, pays des Barghwatta. De là, ons e rend au Marsa de Marîfen, puis à la rivière Salâ où se trouve une ville de haute antiquité dont les restes subsistent et se nomme Shalla. Sur le bord de mer, à lest de Salâ se toruve une vaste caverne dont le dessus est percé de bouches de puits. […] de là vers la rivière Sbû, puis au Shafdad, fleuve au bord duquel un blanc ne peut habiter sans être atteitn d’une maladie ; il n’y a que des nègres qui puissent y habiter, et quand ils voient un blanc arriver ils crient alors : Mâ’iz ! : regarde.
De là vers le Hawd d’Asîla.

[…]

NUQUR

182 : Nuqûr est environnée de collines […] le masjid est soutenue par des colonnes en bois de thuya, espèce d’arbre qui, avec le cèdre abonde dans ce pays. La muraille de la ville est construite de briques et compte 4 portes […] Nuqûr est située entre deux Wâdî, le Nuqûr et le Ghîs […] qui parcourent environ une journée et demie avant d’atteindre la mer. (un phare ?)

En 244/858, les Majûs (normands !) […] envahirent la cité et la pillèrent (8 jours durant) et capturèrent tous les habitants qui n’avaient pas fuis, parmi eux, Ummat-Ar-Rahmân […] bint Wâqif bn Al-Mutaçim bn Sâlih (conquérant arabe et fondateur de la cité vers 750) […] mais fut rachetée par l’Imâm (omeyyade) Muhammad bn ‘Abd Ar-Rahmân.
186-200 : Nuqûr, Andalûs et Ifriqya

(p.196) Il écrit en 1067-8 :

197 : Le pays Ghomara touche à Nuqûr et contient le canton de Majakisa, où apparut une faux prophète nommé Ha-Mîm (7 surat comment par Ha-Mîm comme Yâ-Sîn le chef spirituel du mouvement Sanhaja-Lamtûnâ) […] bn Min-Allah (Abû Khâlif) bn Harîz bn ‘Amr bn Wjfûl bn Wzrwâl (montagne du même nom). Cet imposteur […] ordonna de ne prier que deux fois, au Moshriq et au Moghrib ; […] il composa dans leur langue un lectionnaire dont plusieurs passages ont été traduits, après le Tawhîd se trouve : « Délivre moi des mes péchés, Toi qui permets au regard de contempler l’univers […] Toi qui tira Mûsâ du fleuve » et aussi « Je crois à Hamîm et à Abû Khâlif […] je crois à Tangît ». La tante de Hamîm était devineresse et magicienne […], il prescrivait à ses fidèles de jeûner jeudi en journée et mercredi jusqu’à Midi […] sous peine d’une amende de 5 bœufs pour l’usage de Hamîm. […]
Il ne conserva comme obligatoire (à ramadan) qu’un jeûne de 3 jours, le 4è on rompait le jeûne et onc célébrait la fête le lendemain. Il prescrivit de payer l-‘ushr sur toutes les choses, abolit le Haj, l-Wudu et permit la chair du porc […] il prohiba le poisson et les œufs
[…]
Hamîm fut tué en 315/927 chez les Maçmûda qui font partie de Tanja
[…]
Dans les montagnes des Mijkasa régnait en maître un puissant magicien […] le shabitants n’osaient le contredire ou résister à ses volontés, il retournait son manteau et sitôt un grave mal atteignait soit un homme, soit son bétail […] il leur faisait croire que des éclairs brillaient sous ses vêtements. […]
Parmi les merveilles du pays Ghumara […] chez les Bnî Shiddad bn Whalawat il y avait un homme qui portait toujours sur lui un sac de têtes et dents d’animaux […] enfilés sur une corde pour faire un chapelet, lorqu’un individu le consultait sur l’avenir ou le passé, il passait celui-ci à son coup comme un collier […] puis l’arrachait violemment, il flairait alors chaque pièce jusque sa main s’arrête sur l’une d’elles […] il lui annonçait alors son sort : maladie, mort, gain, perte, propsérité, adversité, chagrin […] et ne se trompait presque jamais.

[…]

Le Muwarba, très répandu chez lesGhumara, flatte l’amour propre de leurs femmes ; au moment où l’homme qui vient d’épouser une fille vierge se dispose à consommer le mariage, les jeunes gens de la localité enlèvent la mariée à la dérobée et la retiennent loin de son époux pendant un mois ou d’avantage ; ensuite, ils la lui ramènent ; il n’est pas rare que la même femme soit enlevée plusieurs fois de suite ; ce qui lui arrive surtout quand elle se distingue par sa beauté ; plus elle est recherchée ainsi, plus elle est heureuse.
Lorsqu’un voyageur s’arrête chez ce peuple, son hôte ne croît pas avoir parfaitement rempli envers lui les devoirs de l’hospitalité, à moins de lui avoir donné pour compagne une de ses parentes restée veuve, il [leur] permet […] de passer la nuit avec l’étranger !

Sibta, ville antique, contient prs monuments du peuple ancien qui y séjournait, entre autre des églises et des thermes ; un conduit, qui part du Wâdî Awyat et contourne le rivage de la mer du Sud jsuqu’à l’Eglise, maintenant un jâmi‘ amène à la cité l’eau nécessaire.
Ilyân (Julien), seigneur de la place fournit à Târiq bn Zyâd les moyens de passer en Isfân avec ses Ashab.
Quand ‘Uqba bn Nâfi‘ Al-Qurâshî envahit le Maghrib et arriva devant Sibta, Ilyân sortit à son devant et obtint un Sulh et sa confirmation comme commandant ; plus tard, les arabes firent avec les citoyens un arrangement pour s’installer en ville ; avant d’en être expulsé peu après par les berbers de Tanja et Sibta resta abandonnée […] la cité tomba aux mains de ‘Abd Ar-Rahmân An-Nâçir Li-Dîn Allah, en 319/931.
[…]
Il n’y a pas de lieu au monde où l’on trouve autant de singes qu’à Marsa Mûsâ, ces animaux imitent les actions des hommes qui passent […]

Tinja, appelée en langue berbère Walîlî fut prise d’assaut par ‘Uqba bn Nâfi‘, qui tua tous les mâles et captura le reste […] située sur le bras de mer appelé Az-Zuqâq […] le sgrandes nefs n’y vont pas car sa rade est dangereuse au vent d’est.
[…]
Ranja forme l’extrême limite de l’Ifriqya vers l’ouest et on raconte que sa juridiction s’étendait sur 1 mois2. (900 journées2), on ajoute que autrefois, les mulûk al-maghrib y avaient établi le siège de leur mamlaka etqu’un des Amîr (Bocchus ?) avait dans son armée 30 éléphants.

[…] Dans l’Océan, face à Tanja et de Jabal Adlant se trouvent les îles Fortunatakh, c à d heureuses, ainsi nommées car leurs forêts et bocages se composent d’arbres fruitiers naturels. […] Au lieu de mauvaises herbes, le sol produit des céréales et à la place d’épineux, se trouve des aromates. Ces îles, à l’ouest du pays des berbers sont dissémiénes dans l’Océan mais assez rapprochées les unes des autres.

De Tanja à Fas :
1J : Qala‘a bn Kharrûb : grande ville sur un pic, des Kutama (Maçmûda) dans son voisine une place forte d’arabes de Khawlân sur le bord du Zilûl (Açîla) (on peut passer par Asîla)
1J : Sûq Kutama, grande magnifique ville sur le fleuve Lukkûs ;
1J : Qasr Denhaja sur une colline domine une rivière, restes antiques, résidence des rois du Maghrib.
1J : Basra Ad-Dubbân/Al-Kittân/Al-Hamra (mouches/lait et lin) 10 portes ! pierres et briques, jâmi‘ à 7 nefs, fondée vers la même époque que Basra
1J : Ridat : fleuve qui baigne une montagne et au sommet Kort en ruines
1J : Hannawa, jabal An-Nyara/Al-Ashhab, remplie de villages,
1J : village sur le Sibû
1J : Fàs

8 journées

Asîla :
Première ville du littoral depuis l’ouest dans une plaine et des collines, jâmi‘ à 5 nefs, tous els vendredi, marché fréquenté, puits à l’eau saumâtre, port dont l’entrée ets à l’est offre un bon abri.

[…] Les Majûs avaient débarqué au port deux fois, une première fois comme visiteurs recherchant des trésors […] qui leurs appartiennent […] affaire du millet pris pour de l’or, fuite] débarquer une deuxième fois […] partirent alors pour Al-Andalus contre le territoire d’Isbîlya en 229/843 […] troisième fois à Açîla et installèrent une garnison qui devait se renouveler régulièrement au moyend e volontaires issu des villes voisines.
Mawsim aux trois saisons pour el renouvellement […] ramadan, 10 dhul-hijja, 10 muharram.
Kutama battirent un édifice comme Jâmi‘

D’AGHMAT à SÜS :

Informations issues de Mû’min bn Yûmir Al-Hwârî.
1J : Balad/Madînat-An-Niffîs (charmant ?) […] dans toute cette région, il n’y a point d’endroit plus fertile ni plus réjouissant ;
[…] ‘Uqbâ bn Nâfi‘ Aç-Cahabî vint attaquer les Rûm et les Berbers chrétiens qui s’y étaient réunis […] il maintint la place sous un siège étroit et après l’avoir prise, y bâtit le masjid qu’on y voit encore en 62/681 […] elle est à une journée de la mer. Ses habitants sont de nombreuses tribus dont les Maçmûdâ. Hamza bn Jâ‘far, Amîr descendant de ‘Ubayd Allah bn Drîs bn Drîs et donna son nom au Sûq Hamza en était Sultân.
1J : Afîfen, cité située dans une vallée […]
1J : Tamrûrt, à flanc du Duran.
Cette montagne est placée comme limite du désert et habitée par plusieurs peuples issus des Sanhaja et autres ; on dit qu’elle se prolonge jusqu’au Muqattim de Miçr, c’est du Duran qu’on descend dans le pays de Sûs. Dans el Livre de Muhammad bn Yûsuf on lit que […] « elle se prolonge jusqu’à l’Awras et le Jbal Nfûsa, dans les environs de Tarablûs.
Un hadîth de Muhammad, rapporté par l’Isnâd dit : « Dans le Maghrib, il y a une montagne que l’on nomme Duran ; au jour de la résurrection, elle sera plongée au Feu avec ses habitants ainsi que l’on conduit la fiancée à son époux ».
[…] On marche dans cette montagne jusqu’au lieu appelé Al-Mllaha et sur sa cime supérieure se trouve une grande rivière […]
En le quittant on arrive au lieu dit Wstwânât (portiques) Abî ‘Alî […] à droite à 1j est le lieu dit Tazraret où se toruve une vieille monde d’argent au minerai abondant.
1J : Bnî Maghûs […] à leur droite les Bnî Lmâs qui sont tous râfidites (chiites ?) on les désigne du nom de Bajilî-s parce que l’un d’eux, né à Nifta en Castille vint se fixer en leur sein peu avant l’arrivée d’Abû ‘Abd Allah Ash-Shi‘î en Ifriqîa.
Muhammad bn Warsattid leur enseigna et prédit des malédictions contre les Sahabâ, de regarder comme licites les choses illicites et de considérer l’usure comme sorte de vente, il modifia l’Adan […] « Muhammad est l’Envoyé de Dieu, Muhammad est le meilleur des hommes » […] « la famille de Muhammad est ce qu’il y a de meilleur parmi les créatures ».
Ces peuplades professent encore ces même doctrines mais prétendent que la lignée des Imâm descend de Hasan et non Husayn et eurent jadis un souverain Idrisî. […].
Dans une montagne escarpée, à côté des Bnî Lmâs, se trouve une tribu berber idôlatre qui adorent un bélier ; aussi personne d’entrer eux n’ose venir au marché sans être déguisé.
De la Terre des Bnî Maghûs
1J : Iglî, capitale de la région de Sûs, cité sur une large rivière avec beaucoup de fruits et de canne à sucre, dont le pays s’exporte dans tous les pays du Maghrib, sur le sbords du fleuve précité se trouvent de nombreuses places de Sûq jusqu’à l’Océan Environnant.
L’honneur d’avoir fait construire le canal qui fournit de l’eau à al cité de Sûs et colonisé les abords de ce fleuve est attribué à ‘Abd Ar-Rahmân bn Marwân [oncle du dernier calife omeyyade].
2J : on croise le fleuve Massât, bordé de villages qui se jette dans l’Océan. La localité est un Ribât fréquenté où se tient un Mawsim qui réunit foule. Cet établissement sert de retraite aux hommes qui veulent s’adonner à la dévotion.
3J : Nûl à travers le pays des Jazûlâ et des amtâ, sur la frontière extrême du Dâr Al-Islâm, alors que commence le désert. Le fleuve Nûl se jette dans l’Océan
3J : Draa.

D’IGLI à SÛS :
A l’ouest d’Igli […] on achète une charge de dattes pour moins que le louage de l’animal qui les porte au sûq ! La canne à sucre y est le produit le plus abondant, pour ¼ de dirham on peut s’en procurer une quantité excédant la force d’un homme. Beaucoup de sucre, le Qintâr se vend pour deux Mithqâl ou moins même.

On y fond le minerai de cuivre, qu’on exporte ensuite dans le Blad Al-Kuffâr. La ville contient […] un khân et conquise par ‘Uqba bn Nâfi‘ qui captura prs filles d’une beauté et perfection de forme exceptionnelle, lesquelles se vendirent chacune 1000 dinâr ou plus. Plus tard, ‘Abd Ar-Rahmân bn Habîb occupa cet endroit et y organisa un camp encore visible.

L’huile de Hargan est un produit du pays de Sûs, son arbre ressemble au poirier, si ce n’est qu’il s’élève à la hauteur du bras et n’a pas de tronc : les rameaux […] sont garnis d’épines ; les fruits ressemblent àd e sprunes noires, on les entasse et les laisse se décomposer puis ont les place dans dans une poële qu’on met au feu, on peut alors en extraire l’huile dont le goûte ressemble au blé grillé. C’est un aliment sain et goûteux qui améliore le système rhéno-urinaire.

Le miel de Sûs est supérieur à celui des autres grandes villes, les fabricants d’hydromel versent pour une mesure de miel 15 d’eau, et ce mélange est alors fermenté. […] ce miel ne se dissout que dans l’eau bouillante et est de couleur cendrée.

Dans les aswâq , on se sert de morceaux de bijoux brisés comme monnaie d’argent car les darahim son rarement frappés ; les mithqâl sont appelés Kizdirî du nom d’Abû Al-hasan, qui fut leur intendant des monnaies. On voit à Sûs le tombeau de ‘Abd Allah bn Idrîs qui y mourut.

Les Sûsî et les Aghmâtî sont les plus industrieux des hommes et les plus ardents dans la poursuite des richesses, ils obligent leurs femmes et leurs enfants à exercer des professions pour rapporter quelques sous […]