Charles de Foucauld, Kif et Tabac, 1883 n-è

On appelle ainsi le chanvre indien, connu ailleurs sous le nom de Hashish, on le désigne que sous celui de kif. Il s’en fait en ce pays une grande consommation. Dans les villes, l’usage est extrêmement répandu : la plus grande partie des classes moyene et pauvre, les petits marchands, tout ce qui est mkhaznî, soldat, la plupart des esclaves le fument. Le tabac est moins à la mode, c’est presque toujours mélangé au Kif. Les juifs seuls ont l’habitude de la cigarette. La consommation du Kîf et du tabac est assez importante pour que le sultan se soit réservé le monpole de leur introduction dans les villes, monopole qu’il afferme soit à des compagnies, soit à des particuliers. A Fâs, c’est uine société de 20 isréalites qui le possèdent en ce moment, Sfrû et Tâza dépendent de cette même société. La plus grande partie du Kîf et du tabac qui pénètrent dans ces villes vient du Rif ; plusieurs tribus y vivent presque exclusivement du revenu de cette culture, parmi elle, on cite les Kutama, voisine des Bnî Zerwâl, ses produits sont le splus renommés du nord du Maroc.

La difficulté de se procurer du Kîf dans les campagnes fait que l’usage de fumer y est bien moisn répandu que dans les villes : le prix étant plus élevé, il y devient un luxe, au lieu d’être, comme dans le scités, la consoloation de la classe pauvre, il y devient la distractiond es riches, et surtout des shorfa et des mrabtîn. Ces derniers sont à peu près les seuls qui l’y fument, on peut presque partout les reconnaître au double usage du Kîf et de la mahya qui forme un de leurs caractères distinctifs. Quant au tabac, une fois sorti des villes, je le verrai disparaître totalement jsuqu’au Sahara […] ou tout le modne fume du matin au soir : les tabacs à la mode sont ceux du Twat, du Dra, et surtout du Nûn.