Al-Ya’qûbî, Buldân, Description du Maghreb Extrême, v. 880 n-è

Et de la cité de Tāhart et ce qui est du ressort de Ibn Āflaḥ ar-Rastamī (on arrive) vers le royaume d’un homme des Huwāra appelé Ibn Masāla al-Ābāḍī ; qui est tout l’inverse de Ibn Āflaḥ, il le combat, et sa cité, où il réside, on l’appelle al-Jabal, de là à la cité appelée Yalal qui est à proximité de la mer salée, une marche d’une demi-journée, le long des cultures, des bourgades, des bâtisses, des champs, des vergers.

Royaume Sulaymanide de Tlemcen

Puis vers la cité majeure et réputée en Occident (al-Maġrib), qu’on appelle Tilamsān, et elle comporte un mur de pierres, et le suit un deuxième mur de pierres, et il s’y trouve un grand nombre de créatures, des castrae, des habitations très élevées, et celui qui la contrôle est un homme de chez eux appelé Muḥammad b. al-Qāsim b. Muḥammad b. Sulaymān, et autour de cette cité il y a un peuple de Barbar appelés Miknāsa et Sarbiya.

Puis vers la cité nommée Cité des ‘Alides (al-‘Alawiyīn) qui étaient aux mains des ‘Alawiyīn, de l’enfant de Muḥammad b. Sulaymān, puis ils l’abandonnèrent et ses habitants sont les fils des rois des Zanāta, qu’on appelle ‘Alī b. Ḥāmid b. Marḥūm az-Zanātī.

De là à la cité appelée Namālta, il s’y trouve Muḥammad b. ‘Alī b. Muḥammad b. Sulaymān

La dernière cité du royaume des Banī Muḥammad b. Sulaymān b. ‘Abd Allah b. al-Ḥasan b. al-Ḥasan est Fālūsan, c’est une cité majeure, ses gens sont des fractions (Buṭūn) des Barbar de Maṭmāṭa, des Targa, des Gazūla, des Ṣanhāja, des Anjafa et autres.

Royaume de Nakūr :

Puis, après le Royaume des Banī Muḥammad b. Sulaymān se trouve le royaume d’un homme appelé āliḥ b. Sa‘īd, il se vante d’être de Ḥimyar et les gens de cette ville prétendent qu’il est des gens de la ville de Nafzā.

Et le nom de la cité majeure qui s’y trouve est Nakūr, elle est sur la mer salée ; et c’est par cette cité qu’est passé un homme enfant de Hišām b. ‘Abd Allah b. Marwān et ceux qui étaient avec lui du clan de Marwān vers l’île d’Andalus, lorsqu’ils fuirent les Banī ‘Abbās.

Et le royaume de Ṣāliḥ b. Sa‘īd al-Ḥumayrī par une marche de 10 journées par des constructions, des forteresses, des bourgades, des maisons et des champs, épineux et fertiles.

Et à la fin du royaume se trouve une cité appelée Marḥāna sur une montagne au pied de laquelle il y a des rivières, des vallées et des constructions.

Royaume Idrīsside :

Puis on se rend vers le Royaume des Banī Īdrīs b. Īdrīs b. ‘Abd Allah b. al-Ḥasan b. Al-Ḥasan b. ‘Alī b. Abī Ṭālib

Et la première frontière de leur Royaume est la ville appelée Ġumayra, où il y a un homme appelé ‘Ubayd Allah b. ‘Umar b. Īdrīs

Puis jusqu’à la ville appelée Malḥāṣ avec un Ḫāna (caravansérail ?) où se réunissent les Pélerins du Sūs al-Aqṣā et de Ṭanja ; c’est ‘Alī b. ‘Umar b. Īdrīs qui la possède.

Puis la Citadelle de Ṣadīna qui est une ville importante où se trouve Muḥammad b. ‘Umar b. Īdrīs.

Puis de la Citadelle de Ṣadīna jusqu’au fleuve majeur qu’on appelle Lamhārna, des forteresses et des bâtisses : c’est une vaste ville commandée par un homme enfant de Dāwud b. Īdrīs b. Īdrīs

Jusqu’au fleuve appelé Sabū commandé par Ḥamza b. Dāwud b. Īdrīs b. Īdrīs.

Fās :

Puis on entre dans une cité importante qu’on appelle la cité de l’Afrique (Āfrīqiya) sur un fleuve important appelé Fās, Yaḥyā b. Yaḥyā b. Īdrīs b. Īdrīs s’y tient, c’est une cité aimable avec un grand nombre de bâtisses et de maisons.

Et du côté occidental du fleuve de Fās et c’est un fleuve dont on dit qu’il est plus important que l’ensemble des fleuves de la Terre avec 3000 moulins que fait moudre la cité qui est nommée cité al-Andalus, c’est Dāwud b. Īdrīs qui l’administre/l’occupe, et tous ceux qui sont de Yaḥyā b. Īdrīs et de Dāwud b. Īdrīs suivent son Ṣāḥib, le défendent et combattent pour lui.

Et dans la partie de Fās se trouve une cité appelée ….. les Barqasāna l’habitent, c’est un peuple de souche Barbar.

Et sur le feuve de Fās il y a d’aimables bâtisses, des bourgades, des terrains vagues (Ḍayā‘) de des cultures sur ses rives, ses eaux viennent de sources au sud (Qiblī) sauf qu’ils disent qu’il ne monte ni ne baisse jamais, et il conflue dans le fleuve qu’on appelle Sabū, que nous avons mentionné, et le Sabū se jette dans la mer salée.

Le royaume des Banī Īdrīs est d’une grande étendue.

[…]

Sijilmāsa :

Sijilmāsa est une cité sur une fleuve appelé Zīz ; il ne s’y trouve point de source, ni de puit.

Entre elle et la mer on compte un grand nombre d’étapes.

Les Gens de Sijilmāsa sont mêlangés, la majorité y étant les Barbar, et le plus grand nombre d’entre eux étant des Ṣanhāja.

Leurs cultures consistent en Millet (Duḫn), et Sorgho (Ḏura) ; et leurs cultures dépendent des précipitations, et comme il manque d’eau par chez eux, s’il ne pleut point, ils n’ont point de cultures !

Dar‘a :

Depuis la cité de Sijilmāsa jusqu’aux bourgades connus comme les Banī Dar‘a : On y trouve une cité qui n’est guère vaste, Tāmdalat, qui est à Yaḥyā b. Idrīs al-‘Alawī ; au-dessus d’elle se trouve une forteresse (Hiṣn), celui qui s’y trouvait était ‘Abd Allah b. Idrīs.

Dans ses environs se trouve des mines d’or et d’argent. On trouve des plantes, dont on dit  que le vent les balaye ! C’est un peuple de Barbar qui domine, on les appeler les Banū Targā.

As-Sūs al-Aqṣā :

Depuis la cité appelée Tāmdalat jusqu’à la cité appelée as-Sūs : _c’est à dire as-Sūs al-Aqṣā_ y résident les Fils de ‘Abdallah b. Idrīs b. Idrīs, et leurs gens sont des mélanges de Barbar, la plupart d’entre eux sont des Madāsa.

Aġmāt :

De as-Sūs à la ville appélée Āġmāt :  c’est une ville fertile en élevage et en cultures, dans la plaine comme en montagne. Ses gens sont un peuple des Barbar de Ṣanhāja.

Māsa :

De Āġmāt à Māsa : Māsa est un bourg sur la mer, on y pratique les négoces. Il s’y trouve la mosquée connue comme Masjid Bahlūl, et il y a un Ribāṭ sur la côte maritime. Et on trouve la mer au niveau de la Mosquée Bahlūl des embarcations Ḫīṭiya ; qu’on utilise à al-Ūbulla (le port de Bassora), d’où on embarque jusqu’en Chine (aṣ-Ṣīn).